Simone Revue Book Club

[esp] El club de lectura

Un club de lectura es mucho más que comentar un cierto libro, una cierta autora. Es un espacio-tiempo que se abre en la dimensión presente para interrumpir los efectos de la dominación. Un espacio libre donde personas que vienen de lugares disímiles del globo se reúnen para darse cuenta de todo lo que tienen en común. Lugares lejanos unos de otros, pero tan cercanos. Para compartir lo que el lugar de destino les ha entregado sobre la piel, sobre la esperanza, sobre los sueños, sobre la ausencia, sobre el dolor y la resistencia. Un encuentro feminista sin fronteras, desde las fronteras, desde el color de piel, desde la clase, desde la historia, desde la edad, desde nuestras arbitrarias costumbres y nuestro deseo de entender qué nos pertenece y qué nos ha sido impuesto. Desde Alger, Siberia, Cochabamba, Lima, Caracas, Santiago de Chile, hasta Lyon. Un club de lectura es hablar sobre derechos, patriarcado, amor, migración, activismo. Fatima Ouassak, bell hooks, Eva Illouz. Las autoras que van interpelándonos y ayudándonos a vivir. Un club de lectura es ayudarse a vivir, aprender, compartir, entender, liberarse. Siempre comprender. Siempre el respeto y el deseo de modificar. Un club de lectura es un espacio sagrado y profundo en la velocidad del tiempo de las imágenes. Un encuentro con las frases escritas y lo que producen en el espíritu, en la mente, en el cuerpo. Esa calma que nos conecta con lo que somos, lo que queremos ser, lo que podríamos ser. Cruzamos nuestra experiencia con el pensamiento de autoras que nos iluminan y compañeras a las que admiramos y se dan el tiempo de expresar sus propias teorías y vivencias. La creación de teorías conjuntas es lo más poderoso. Como dijo Simone de Beauvoir, no hay mejor futuro que el que se construye colectivamente. Simone Revue Book Club.

Andrea Balart
Lyon, abril de 2024. 


[eng] The book club

A book club is much more than commenting on a certain book, a certain author. It is a space-time that opens in the present dimension to interrupt the effects of domination. A free space where people coming from dissimilar places of the globe meet to realize all that they have in common. Places far from each other, but so close. To share what the place of destination has given them on the skin, on hope, on dreams, on absence, on pain and resistance. A feminist encounter without borders, from borders, from skin color, from class, from history, from age, from our arbitrary customs and our desire to understand what belongs to us and what has been imposed on us. From Alger, Siberia, Cochabamba, Lima, Caracas, Santiago de Chile, to Lyon. A book club is to talk about rights, patriarchy, love, migration, activism. Fatima Ouassak, bell hooks, Eva Illouz. The authors who challenge us and help us to live. A book club is to help each other to live, to learn, to share, to understand, to liberate. Always understanding. Always respect and the desire to change. A book club is a sacred and deep space in the speed of time of images. An encounter with written sentences and what they produce in the spirit, in the mind, in the body. That calm that connects us with what we are, what we want to be, what we could be. We cross our experience with the thoughts of authors who enlighten us and companions whom we admire and take the time to express their own theories and experiences. The creation of joint theories is the most powerful thing. As Simone de Beauvoir said, there is no better future than the one that is built collectively. Simone Revue Book Club.

Andrea Balart
Lyon, April 2024


[fr] Le club de lecture

Un club de lecture, c’est bien plus que de commenter tel ou tel livre, tel ou tel autrice. C’est un espace-temps qui s’ouvre dans la dimension actuelle pour interrompre les effets de la domination. Un espace libre où des personnes venant d’endroits dissemblables du globe se rencontrent pour réaliser tout ce qu’elles ont en commun. Des lieux éloignés les uns des autres, mais si proches. Pour partager ce que le lieu de destination leur a donné sur la peau, sur l’espoir, sur les rêves, sur l’absence, sur la douleur et la résistance. Une rencontre féministe sans frontières, des frontières, de la couleur de peau, de la classe, de l’histoire, de l’âge, de nos coutumes arbitraires et de notre désir de comprendre ce qui nous appartient et ce qui nous a été imposé. D’Alger, de Sibérie, de Cochabamba, de Lima, de Caracas, de Santiago du Chili, jusqu'à Lyon. Un club de lecture, c’est parler de droits, de patriarcat, d’amour, de migration, de militantisme. Fatima Ouassak, bell hooks, Eva Illouz. Les autrices qui nous interpellent et nous aident à vivre. Un club de lecture, c’est s’aider à vivre, à apprendre, à partager, à comprendre, à se libérer. Toujours la compréhension. Toujours le respect et le désir de changer. Un club de lecture, c’est un espace sacré et profond dans la vitesse du temps des images. Une rencontre avec des phrases écrites et ce qu’elles produisent dans l’esprit, dans la tête, dans le corps. Ce calme qui nous relie à ce que nous sommes, à ce que nous voulons être, à ce que nous pourrions être. Nous croisons notre expérience avec les pensées d’autrices qui nous éclairent et de camarades que nous admirons et qui prennent le temps d’exprimer leurs propres théories et expériences. La création de théories en commun est ce qu’il y a de plus puissant. Comme le disait Simone de Beauvoir, il n’y a pas de meilleur avenir que celui qui se construit collectivement. Simone Revue Book Club.

Andrea Balart
Lyon, avril 2024.

[fr] Flora Souchier - Ma vie je t’aime avec les lèvres

La vérité, c’est que je suis devenue la femme que je rêvais de devenir
Comme on se laisse voguer vers une clairvoyance
Dans un bouillon de troubles et d’assurances inquiètes
De saillies d’insolence, d’hilarités tenaces 

Et à trente-deux ans, donc

Je fume des roulées de bord d’écluse en chérissant ma solitude
J’écris des poèmes en pleine rue je m’offre une pâtisserie par joie 
En bottillons, cuir et chevelure je porte des cantines collectives 
Ouvrant d’une épaulée des lieux où nous venons créer
Je revêts du vernis je le laisse s’écailler
Sous voilette, en robe de diva pour parler de mes choses à moi

Je vis avec une femme
Je soigne avec mes mains
Je parle avec les morts
Je m’offre des silences
Je ne me dilapide plus

Mon violeur me verse une rente

J’apprends à célébrer ma nature composite

Je peux enfin me fier à mon feu intérieur


* Flora Souchier. Elle est comédienne, autrice, énergéticienne et pédagogue. Son premier recueil, Sortie de route, lauréat du prix de la Vocation, est paru en 2019 chez Cheyne. Son deuxième, Époque de plomb, sortira cet automne chez Cambourakis/ Sorcières. Elle l’adapte en version polyphonique franco-occitane avec le trio de chants à danser Clume. 

Adaptation de Sortie de route avec la Compagnie Opoponax :  https://sortie-de-route.lepodcast.fr/
Adaptation d’Époque de plomb avec le trio Clume : https://www.clume.fr/epoque-de-plomb







Original photographies © Celeste Laila D'Aleo.
Image postproduction: Andrea Balart. 

[fr] Noémie Regnaut - À Claude Cahun (1894-1954)

Claude 

Je regarde ton autoportrait
celui qu’on appelle 
l’autoportrait au masque
celui où ton regard en coin défie le spectateur
Mais où tes yeux sont un peu 
de travers
Comme s’ils rêvaient de sortir de la photographie

Comment t’as fait Claude ?
Avec ton bordel identitaire
parce qu’on le voit partout
Ton bordel
dans tes jeux de masques tes déguisements ton nom
Comment tu cherches des
solutions provisoires au désordre de ton être
il faut le dire comme ça très vite
solutions-provisoires-au-désordre-de-ton-être
et au même temps ce qui est beau dans tes photos
c’est qu’elles existent
tu les as faites
peu importe qu’elles aient été exposées ou non
maintenant nous
on les regarde
moi
mes élèves
des jeunes filles
des jeunes hommes aussi qui veulent faire des exposés sur le théâtre féministe après 2010
tu te rends compte de ça ?
Que les premiers qui lèvent la main pour ce sujet ce sont des jeunes garçons ?
Bon
Est-ce que ça nous aide vraiment ?
Je ne sais pas
Ça ne nous aide pas vraiment avec le passé
Mais alors je regarde tes photos
Et je te repose la question
Comment t’as fait Claude ?

//

En 1937 Claude s’installe à Jersey
Sur une île donc
c’est un peu avant la guerre
Elle part avec celle qu’elle aime
elle quitte Paris et le boy’s club de la bohème
qui certainement devait moyennement apprécier une femme homosexuelle peu intéressée par la gloire
Ça aussi il faut le dire très vite
femme-homosexuelle-peu-intéressée-par-la-gloire
pas muse
pas séductrice
pas à lécher les bottes des grands-artistes
elle fais les choses pour elle
elle mène son « aventure invisible » comme elle l’appelle
elle bataille contre elle-même pour faire
parce que c’est très dur de faire quand on sait pas qui on est
Et puis là à Jersey
elle nomme sa maison « La ferme sans nom »
Jersey je ne connais pas mais je crois que c’est très vert
En tout cas c’est très paumé

Claude qu’est-ce que tu vas foutre à Jersey ?
Est-ce que c’est parce que tu as envie de partir loin, que vous allez là-bas
toi et Suzanne
celle que tu aimes ?

//

Moi aussi comme toi Claude 
j’ai envie de me dissimuler
D’un œil
et de l’autre j’ai envie de regarder droit devant
Avec courage
comme dans ton autre autoportrait
Celui où déguisée en homme
Tu es face à ton propre reflet dans le miroir
d’un côté nous avons ton regard
Et de l’autre tes yeux se perdent
insaisissables
Encore en dehors
Je n’ai pas envie d’être un homme
J’ai juste envie d’avoir l’assurance d’un homme
la sensation que de toute manière tu es à ta place et que celle-ci va de soi
Que d’une certaine manière les choses te sont dues ! 
Que le monde est découpé pour toi ! 
Que ton corps n’entre pas en jeu ! 
Ça oui j’aimerais 
Qu’est-ce que tu voulais toi Claude ?
Je sais que pendant la guerre tu t’es engagée
toujours avec celle que tu aimes
vous avez distribué des tracts aux soldats allemands pour les convaincre de faire défection
vous avez été condamnées à mort
puis votre peine a été commuée
Tout à la fin de la guerre 

Bon
Ça veut dire que d’une certaine manière
Tu avais beau être sur ton île
Tu n’as pas fui
ça c’est bon à savoir
Tu es partie mais tu as lutté
depuis l’endroit où tu pouvais être
Et puis Claude je voulais te dire aussi
Tu m’as fait rire
d’un bon rire
Ce genre de rire puissant qui dit
Ok j’en chie mais
Mais
Oui ! 
Tes photos en cowboy 
en nonne
Et celle où sur ta tunique 
tu as brodé l’inscription 
« I am in training don’t kiss me »
Parce que oui
On s’entraîne
parfois
On s’entraîne
pour nous 
enfin 
janvier 2023

* Noémie Regnaut est passionnée d’écriture et de photographie depuis l’enfance. Elle écrit des poèmes quand les mots lui viennent pour décrire sensations et lieux visités. Elle aime l’Histoire et les vieilles pierres. Elle écrit par ailleurs une thèse sur la photographie au théâtre et vit aujourd’hui à Berlin. 





Original photographies © Maria Luisa Espinoza (1) © Celeste Laila D'Aleo (2 & 3)
Image postproduction: Andrea Balart. 

[eng] KC Trommer - Returns / First Map [esp] trad. Elisa Clark

Returns

Here are the pet names you will never call me again Here are the jokes that died between us Here are the letters you sent me when we first met Here is the sound of my laughter, remember it Here is the sound of me on the phone giving directions Here are all the unplayed messages from me, listen Here are the gifts I bought for your family, keep them Here are the photographs you never took of me Here are the vows I wrote for us Here are the other children I will never have with you Here is how my body looked Here is the memory of the day he was born Here are the things you praised me for Here is the strength I had then Here is the terror when you took him Here is your face screaming in mine Here is your back, turned Here is a month of silence Here is the park where you wanted to leave me Here are all the times I said My husband Here are the dead anniversaries Here is a letter from my lawyer, please read Here is me, not bankrupt yet, keep trying Here is my rage Here is me, destroyed but not destroyed Here are the papers for you to sign Here is my rage Here is a friend from high school and her husband, take them Here is a catalog of years, unspent Here is the evidence of how I loved you Here are the pictures from the wedding Here are the times I asked for what I needed Here is a list of what I left in the apartment Here is the way my body was in the dark Here are the stories I trusted you with Here is what my lawyer told me to tell you Here is my rage Here is what I wanted for us Here is a catalog of our failures Here is what I tell our son Here is when he needs to practice Here is what the teacher said about him Here is what he said about the boy he thought was his friend Here is his temperature Here are his medicines Here is the helmet Here is what I tell him Here is where his mother lives She is all you know of me now                                                       Keep the rest


First Map

Stone fences lined the road to the art academy 

where the teacher unscrolled the butcher paper

            on the floor, told me to lie down. I fanned my                 fingers 

            and spread my legs as a boy drew my outline in                 marker.


The ceiling was so far up, the cement floor cold against my back 

and the smell of the room was the smell

              of drying acrylic. I stood up from the paper 

            and my body was an outline inside the sneaker                  prints

of the boy who had drawn me. The teacher handed me a pen, 

said, Now, fill in the rest. 


[1] Poems published in We Call Them Beautiful. Diode Editions (2019, USA). In these poems, KC Trommer outlines New York as a literary city that inscribes sexuality and self-pleasure on its inhabitant's bodies. Gender violence and abuse threaten to emerge at any moment or quotidian situation, whether in the subway, a classroom, or a city park, only to fade away, leaving a rarefied atmosphere.


* KC Trommer. North American writer and artist. Author of We Call Them Beautiful (Diode Editorial, 2019) and The Hasp Tongue (dancing girl press, 2014). Founder of the online audio project QUEENSBOUND, she has experimented with poetry and music accompanied by composer Herschel Garfein. KC lives in Jackson Heights, New York.

https://www.queensbound.com/

https://www.kctrommer.com/  


Devoluciones

Aquí están los apodos con los que nunca más me llamarás Aquí están las bromas que acabaron entre nosotros Aquí están las cartas que me enviaste cuando recién nos conocimos Aquí está el sonido de mi risa, recuérdala Aquí está mi voz al teléfono dando instrucciones Aquí están todos mis mensajes sin oír, escucha Aquí están los regalos que le compré a tu familia, quédatelos Aquí están las fotografías que nunca me tomaste Aquí los votos que escribí para nosotros Aquí están los niños que nunca tendré contigo Aquí cómo lucía mi cuerpo Aquí el recuerdo del día en que nació Aquí están las cosas por las que me elogiabas Aquí la fuerza que tuve entonces Aquí el terror cuando te lo llevaste Aquí está tu rostro gritándole al mío Aquí estás, dándome la espalda Aquí el mes de silencio Aquí el parque donde quisiste dejarme Aquí están todas las veces que dije Mi esposo Aquí están los aniversarios muertos Aquí está la carta de mi abogado, por favor lee Aquí estoy, aún no en la bancarrota, sigue intentando Aquí está mi ira Aquí estoy, destruida pero no del todo Aquí están los papeles para que firmes Aquí está mi ira Aquí está una amiga de la secundaria y su esposo, llévatelos Aquí está un catálogo de años sin utilizar Aquí la evidencia de cómo te quise Aquí están las fotos de la boda Aquí las veces que te dije lo que quería Aquí está una lista de lo que dejé en el departamento Aquí está la forma que tenía mi cuerpo en la oscuridad Aquí están las historias que te confié Aquí está lo que mi abogado me indicó decirte Aquí está mi ira Aquí lo que quise para nosotros Aquí un catálogo de nuestros fracasos Aquí está lo que le cuento a nuestro hijo Aquí los días que debe practicar Aquí lo que la maestra dijo sobre él Aquí lo que él dijo de quien creyó su amigo Aquí está su temperatura Aquí sus medicinas Aquí el casco Aquí está lo que le cuento Aquí es donde vive su madre Ella es todo lo que sabes de mí ahora                                Quédate con el resto


Primer mapa


Cercas de piedra bordeaban el camino a la escuela de arte

donde la maestra desenrrolló el papel carnicero


            en el piso, pidió que me recostara. Extendí los                 dedos 

            y abrí las piernas mientras un chico marcaba mi                 contorno.


El techo parecía demasiado alto, el cemento frío del piso contra mi espalda 

y el olor de la habitación era el olor


            del acrílico secándose. Me levanté del papel 

            y mi cuerpo era un contorno dentro de las pisadas 


del chico que acababa de dibujarme. La maestra me dio un lápiz. 

Ahora, dijo, completa tú el resto.


[1] Traducido del inglés por Elisa Clark.

* Elisa Clark. Escritora chilena. Vivió en Nueva York, donde creó el fanzine Paper Magazine con la participación de artistas y poetas. El 2017 fue escritora en residencia en el Museo Gabriela Mistral de Vicuña para finalizar su novela Oye Gabriela sobre la Premio Nobel chilena. Vive en Santiago de Chile.

Oye Gabriela - Elisa Clark

Elisa Clark - PM#4. Festival Poesía y Música



© KC Trommer.





Original photographies © Maria Luisa Espinoza © Celeste Laila D'Aleo.
Image postproduction: Andrea Balart. 

[esp] Camila Vaccaro - El gabinete de las condenadas / La Endemoniada o la Loca - Carmen Marín / La Desviada - María del Carmen Martínez / La Bruja - María Hernández, “La Pulga”

LA ENDEMONIADA O LA LOCA – Carmen Marín

Religiosas y oraciones corren de aquí para allá:
“Llamen al Arzobispado; que nos vengan a salvar”.
En una pieza amarrada
muerde, grita, escupe la huerfanita.
Las monjas tiemblan de miedo.
Hospicio Hermanas de la Caridad

“Llegó de Valparaíso pobre, sola y desgracia´.
El demonio lo traía debajo de la falda”.
Le dijo la monja al obispo Zisternas
Cuando él estuvo en el lugar.
“Llévenme con la supuesta posesa”.

Pidió una plancha caliente 
que en el vientre le apoyó,
que no dijera mentiras, el cura la amenazó.
Pero la endemoniada cantaba una 
lengua que nadie entendió;
se reía con los dientes mientras blasfemaba 
en el nombre de Dios.

Se la llevan al loquero,
directo pal Hospital.
Ya no la quiere el convento,
que la investiguen allá. 
___________
Eran los primeros años de Chile como nación,
mil ocho cincuenta y siete, año de la posesión.
Pregonaba en las esquinas 
gritando, el diarero, a la población:
“Una loca poseída 
¿Es cosa de ciencia o de religión?”

Y los hombres ilustrados decidieron demostrar
que la joven psiquiatría podía el caso mejorar.
Experimentaron por meses,
esperando un cambio en la endemonia´:
Clavaron agujas, golpes de corriente

El diagnóstico primero fue la histeria natural
de un ser que nunca es fiable 
por ser muy hormonal.
Pero ningún tratamiento 
pa quitarle el mal resultó eficaz.
La devuelven pal convento,
parece ser cosa del tal Satanás.

La mujer es un tejido
de pecado original.
La declaran poseída:
Lujuria y debilidad

Vuelve el obispo Zisternas, ahora para exorcizar,
recitando las palabras. Evangelio de San Juan.
La huérfana se sacude como queriendo escapar.
Su cuerpo está tan cansado, tan cansado de aguantar.

Cuenta la historia que después de esto
la joven volvió a ser normal,
una criatura tranquila
llena de vergüenza y de fragilidad.

Todos celebran contentos, 
de la endemoniada más nunca se habló.
Médicos y religiosos quedaron tranquilos
todo se olvidó.

Carmen Marín era el nombre
de esa huérfana sin Dios;
su carne un campo e´batalla
entre ciencia y religión.


LA DESVIADA - María del Carmen Martínez

“Quiero lamerte las piernas,
hundirme bajo el faldón,
engancharme en tus caderas,
morder tus pezones, ahogarme en sudor”.

María del Carmen Martínez
su secreto confesó
muy cerquita de la nuca
a la china que estaba al centro del salón:

“Se hacen eternos los días
dentro de esta prisión.
Te voy soñando, buscando el momento
donde estemos solas las dos”.

La china se sonroja
y responde a media voz:
“Entre estas cuatro paredes,
eso es imposible. Lo dice mi Dios”.

Ay, María, no te olvides
de tu triste condición:
En la Casa e´ Recogidas
tú estás recluida
_____________

“Institución colonial destinada a la reclusión, castigo, enmienda y conversión de mujeres arrepentidas por su mala vida, a aquellas enviadas por la justicia en su calidad de “mujeres públicas” o hacia aquellas que, por mandato de sus esposos o familiares, eran enviadas para corregir sus costumbres. La Casa de Recogidas, un hospital de las almas escandalosas, inquietas, distraídas y malentretenidas”.

Aquí adentro se comenta 
que te vistes de varón.
Te pillaron travestida.
Dictó tu sentencia, el corregidor.

Y la María protesta
con toda su convicción:
“Con Nicolás Alvarado
querían casarme y no quiero yo.

¿Por qué no nos escapamos
inventemos la ocasión?
Ya no quiero más castigos 
ni azotes ni culpa por ser lo que soy”.

¿Acaso tú no quisieras
una vida sin dolor?
Se miran las dos muchachas
con ojos salvajes y una decisión.

Y una noche de revuelta
nadie supo qué pasó,
sólo que en ese alboroto 
desaparecieron. Nadie más las vio.

Si ahora sabemos la historia
es porque esta se escribió
en las actas coloniales
que luego el Archivo Nacional guardó.

Y así reza la leyenda
escrita en esa documentación:
“María del Carmen Martínez
junto a una china se fugó”.


LA BRUJA – María Hernández “La Pulga”
Soy la tiniebla del tiempo.
Siglos de espanto y terror.
Soy la vergüenza del mundo.
Me duele la vida, vergüenza de Dios.

Dios que no vive en la altura;
Dios que es el castigador;
Dios que es justicia de hombres,
sus garras filudas desgarran mi voz.

Dios que es justicia pa’l hombre.
Sus lenguas podridas apagan mi voz. 

Soy la vergüenza del mundo
Hecha de rabia y rencor.
En esa hoguera que arde, 
Me voy, me voy.

Soy lo que duele en la vida;
soy la vergüenza de Dios.
En esa hoguera que arde,
Me voy, me voy.

Soy el fracaso del hombre;
soy la que a todos parió.
En esa hoguera que arde,
me voy, me voy.

Soy la de cuerpo de tierra;
soy la violencia en la piel.
En esa hoguera que arde, 
yo hei de volver

Rabia que todo lo enciendes
haz el grito florecer.
En esta hoguera que arde, 
yo hei de volver.

Fuego que todo lo cambias
haz mi rabia renacer.
En esta hoguera que arde, 
yo hei de volver.


Letras y Música: Camila Vaccaro Rivera
[1] Puedes escuchar estos temas y el disco completo aquí: 

“El Gabinete de las Condenadas”  indaga en la historia de mujeres de Chile que han sido condenadas por los tribunales, la prensa, instituciones religiosas o sus propias comunidades debido a sus actos, conductas o condición. El disco reúne la historia de 7 mujeres de distintas épocas, además de 4 temas que funcionan como contexto de una historia mayor, la que contiene a las otras historias y las hace posibles. Así, este trabajo no se propone sólo recordar historias individuales pasadas, sino que se levanta como una declaración de que cada historia de condena es importante y resulta urgente contarla en este presente para mirarlas de frente y que nos interpelen. 


* Camila Vaccaro es música chilena de profesión y oficio hace más de 20 años. Inicia su proyecto solista el 2013 luego de un amplio recorrido por la escena docta y popular. Compone desde la palabra junto a su acordeón, jarana, piano y bombo legüero. El 2018 presentó su primer disco titulado “La Bruja”, con el que recorrió Colombia, Argentina, Uruguay, Venezuela y Chile. El año 2023 lanza junto a su grupo integrado por Rodrigo Rojas, Pancho Craddock y Edén Carrasco su segundo disco titulado “Drama Dramática”, y el año 2024 su tercera producción, “El Gabinete de las Condenadas”.



© Camila Vaccaro. 
Ilustración Carla Vaccaro. ig @carlavaccaro_ilustradora








© Pedro Aceituno. 






Original photographies © Maria Luisa Espinoza (1) © Celeste Laila D'Aleo (2-4)
Image postproduction: Andrea Balart. 

[esp] Andrea Balart - Desarmar

La era de la gran creatividad es el tiempo de desarmar el sexismo, el racismo, el especismo. Tal vez lo más fantástico de ser mujer es ese desarrollo en profundidad de la resiliencia. Pero eso no es todo. La profundidad de la creatividad hace el resto. Cómo decir cuando nadie quiere escuchar. Cómo decir cuando nadie quiere que seas vistx.

El feminismo es como un cisne volando, le cuesta a veces despegar, pero luego el espectáculo es belleza pura. La semana anterior fui a ver la ópera Barbazul de Offenbach en el teatro de la opéra de Lyon. Barbe-Bleue se vanagloria de haber aniquilado a su sexta mujer y a las anteriores a ella, y estar listo para aniquilar a la séptima. Es una ópera cómica, por lo que lo dice en tono jovial. Lo canta, de hecho. Es una ópera. Luego resulta que su ayudante no las había envenenado como estaba previsto y están vivas. También cantan. Cantando expresan que las cosas no se van a quedar así no más. Lo dicen cantando y bailando. Héloïse, Éléonore, Isaure, Rosalinde, Blanche, Boulotte.  

Así fue, las cosas no se quedaron así no más. Tal vez lo determinante es que cada mujer ha conocido como mínimo a un Barbe-Bleue a lo largo de su vida. Ayer solamente me contaba una amiga de una pareja suya que rompió la puerta a golpes, de manera idéntica a la película The Shining. Luego llegó la policía y sugirió en tono jovial que ojalá no siguiera comportándose así. Oye, por favor, trátala bien, ¿de acuerdo? Listo, adiós. Eso fue todo. ¿Cuál es el objetivo de tener instituciones? El tono era jovial, como el de Barbazul. Ella no pudo dormir durante los siguientes meses. Su miedo era menos jovial. 

Se aprueba la ley de inmigración. Un golpe bajo. Apenas alivianado por la declaración inconstitucional posterior de algunos de los artículos. A tus amigxs los intercepta el miedo porque tal vez el proyecto de vida que han trazado va a modificarse. Luego el presidente dice que Depardieu es genial y un verdadero orgullo. Luego dice que tenemos que rearmarnos. Para generar hijxs que no queremos. Por algo no los hemos generado. Está lleno de gente, pero esa parece que no es la que él se refiere. ¿Cuál es la diferencia? ¿Esa gente no? No somos lo suficientemente dignxs de estar en algo que también es nuestro. No estamos de acuerdo. Luego sale un puñado de personas diciendo que hasta cuándo atacan a Depardieu que ellxs están orgullosxs. ¿De qué? Luego se arrepienten atroz y dicen que no querían decir eso. Me asaltan los ciento sesenta mil niñxs invisibles víctimas de violencia sexual en Francia cada año. El genocidio en medio oriente continúa. La memoria de mujeres y hombres víctimas de fanáticos al mando escondidos detrás de distintas ideologías pero idéntica locura me persigue. Cómo seguir.

La violencia se desarma. Tal vez es lento pero no importa. Lo importante es hacerlo. Hacerlo a consciencia. Vi la serie Icon of French Cinema de Judith Godrèche. Qué obra magistral. Denunciar requiere mucha estrategia. Mucha resiliencia. Pero sobre todo estrategia. Godrèche logra mostrar lo que es, un justo equilibrio entre víctima y mujer entera. Como somos todas. Ella es el ícono del cine francés, y desplaza a Barbazul. Una fiesta de la emancipación. Porque así nos sentimos. Libres. Al fin. Dueñas de las estrategias y del arte. Siempre lo fuimos, pero no se veía. Crear nos hace libres y modifica esa dominación que un día nos vio de rodillas. Difamación significa tengo tanto miedo que sólo destruyéndote podré aplacarlo. Los tribunales y la policía tienen que poner de su parte. Un día Barbe-Bleue ya no tiene que ser tan jovial. Isaure sabía hablar. Todxs la estamos escuchando. Somos más de la mitad de la humanidad, no nos olvidemos. Los hombres también están con nosotras ahora. Van quedando pocos. Todo se trata sobre decir y escuchar. Sobre que la justicia sea justicia. 

Justine Triet hace una película espléndida. El patriarcado es como Anatomía de una caída, creen que lo mató otro pero se lanzó solo al vacío. Así sucede. Se va eliminando solo. Es muy nefasto. Peligroso. Quiere redirigir la culpa, de que somos frías o egoístas. Queremos hacer arte. ¿No podíamos? ¿No nos correspondía? ¿Teníamos que ponerle esfuerzo a la demografía? ¿Cuidarlos a todxs? La igualdad es algo que estamos creando. Estamos desarmando esa demografía densa que hacía que no nos viéramos porque contábamos la mitad. El mundo está sobrepoblado, es un hecho. El tema es quién se ve y quién no. ¿Qué es trabajo? ¿Cuánto vale el trabajo? Emplean nuestras luchas para ganar votos cuando en realidad nos aniquilan de manera jovial como Barbazul. 

No da lo mismo. Tenemos que desarmar como sea la violencia. Aunque hayamos convivido con ella toda la vida. Viví diez años de mi vida en un país en dictadura. Luego en democracia trabajé cuatro años y medio bajo el mando de un acosador narcisista. Mis experiencias son la cotidianeidad para muchas personas. O lo fueron. Me saqué la violencia de encima desarmando. Tal vez lo más interesante es la autoestima y la confianza que tenemos ahora. También es jovial. Nos encanta el humor. La seriedad cuando es necesaria. Sabemos que la era de la gran creatividad es el tiempo de desarmar el sexismo, el racismo, el especismo. Lo estamos haciendo. Tal vez es lento pero significativo. Tal vez no se valora suficientemente. Pero lo estamos haciendo. El arte es agradecido y modifica el lugar de las cosas. Desarmar la dominación es avanzar en humanidad. En el respeto de todo lo vivo. Está claro, las catástrofes no nos hacen mella, al contrario: nos dan fuerza. Seguimos, seguimos. 

Como dijo Sandra en Anatomía de una caída: “¡Te quejas de la vida que elegiste! ¡No eres una víctima! ¡En absoluto! Tu generosidad oculta algo más sucio y mezquino. Eres incapaz de enfrentarte a tus ambiciones, y me guardas rencor por ello. Pero yo no soy quien te ha puesto donde estás. No tengo nada que ver con ello. No te sacrificas, como dices. ¡Eliges quedarte al margen porque tienes miedo! ¡Porque tu orgullo hace que te explote la cabeza antes de que se te ocurra siquiera un pequeño germen de idea! Y ahora te despiertas y tienes cuarenta años, y necesitas a alguien a quien culpar. ¡Y tú eres el culpable! Estás petrificado por tus propias malditas normas y tu miedo al fracaso. ¡Esta es la verdad! Eres inteligente y sé que sabes que tengo razón. Y Daniel... no tiene nada que ver. ¡Basta ya!” Nuestro arte desarma y lo vamos a seguir haciendo. MeToo y la era de la gran creatividad. La democracia es jovial. 


* Andrea Balart es escritora y abogada de derechos humanos. Máster por la facultad de filosofía de la Universitat de Barcelona. Activista feminista, cofundadora, directora y editora de Simone // Revista / Revue / Journal, y traductora (fr-eng-esp). Franco-chilena-catalano-vasca, nació en Santiago de Chile y vive en Lyon, Francia.


© Andrea Balart.


© Andrea Balart. 
In art we trust © Moco Museum Barcelona.



Simone Revue Writing Club

Simone // Revista / Revue / Journal presents:

“Simone Revue Writing Club” 

What is feminism? What is a feminist text? What is an activist text? What is the politics of literature? What makes a text democratic? 

How do we disarm to end violence? 
How do we disarm sexism, racism, speciesism? 
Today more than ever we need to reflect on what we read and write. 
To disarm is to create strategies for a present without violence. Equality is created. To write democratically is to fight and resist. If we understand the politics that organize what we write we can dismantle violence. A literary workshop that disarms by creating another possible world. We have settled definitively in word and speech. Today no one is silent. Nothing and nobody is going to stop us. 
As Rancière says, politics of literature implies that literature intervenes as literature in this carving up of space and time, the visible and the invisible, speech and noise. It intervenes in the relationship between practices and forms of visibility and modes of saying that carves up one or more common worlds. 

We invite everyone that has published in Simone to join.
Taller literario / Atelier d’écriture / Literary workshop (esp-fr-eng)
Led by feminist authors: Andrea Balart · Constanza Carlesi · Maria Luisa Espinoza 
@andrea.bal.art @la_conirina_carlesi @electropuraa  

Writing community. Text reading and discussion. Giving feedback and hearing suggestions from other writers. 
In Lyon, France (69004) conversation in French (in-person participation).
First session April 27 16h
If you are a Simone author and you are interested in participating please write to us to the following email: simonerevistarevuejournal@gmail.com (we have limited places!). 
Bring your feminist literary text written in Spanish, French or English during 2024. Maximum 1500 words. The theme and literary gender is up to each author.
Thank you! And see you soon.

Simone’s team


Simone Revue Book Club

Simone // Revista / Revue / Journal presents:

“Simone Revue Book Club”

And invites everyone that has participated in Simone, whether as authors, visual artists and/or translators to join. 
The first session will take place on Saturday, October 21st at 4pm in Lyon (69004).
We will talk about the book by Fatima Ouassak, « La puissance des mères », in the context of Nahel M.'s death at the hands of the police.
The activity will be led by Sarah Ar, franco-algerian feminist activist and literature teacher. Also freelance writer for the Lyon-based magazine Hétéroclite and volunteer activist in festival Écrans Mixtes and SOS homophobie.

As indicated, the only requirement to attend is to have participated in some way in Simone. Simone // Revista / Revue / Journal is a collective project of feminist activism, literary and trilingual. It is also a requirement to have read the book, of course, because it is a conversation, not a class. And ideally speak French, as the conversation will be carried out in that language. 

If you are interested in participating, please send us a message to simonerevistarevuejournal@gmail.com to reserve you a place, as we have limited spaces. Thank you! See you soon.
Welcome to this collective space for feminist reflection, as Sinéad said: fight the real enemy.

With love.

Simone’s team.

Simone is an independent collective project of feminist activism, literary and trilingual; with over 200 authors, visual artists and translators, and readers from all over the world. Our staff members live in Lyon, Barcelona, Bath, Berlin, Montpellier, Charleville-Mézières, Valencia and Santiago.
If you want to read the numbers, here: 



Simone Nº5 & Nº6

Simone // Revista / Revue / Journal  
Presenta / Présent / Presents 

Simone Nº5 & Nº6
[esp-fr-eng]

Nº5
Nº6

Simone es un gozo. Como el baile de una buena canción bien cerca del cuello de alguien. Como hablarle al oído al ritmo de la música. Como todo eso que fue prohibido para otras y hoy nos deleita. Como recuperar el tiempo perdido. 

Dos años, siete números, un equipo de doce personas y cerca de doscientas autoras, artistas visuales y traductoras que se han sumado a este proyecto colectivo de activismo feminista, además de lectoras y lectores de todo el mundo.
Cada texto publicado en Simone es un tesoro feminista y abre una brecha en el presente.

Cada ilustración nos da sentido y nos anima a continuar. 
Cada traducción nos permite llegar al alma de alguien que parecía lejano y sin embargo estaba cerca.

El activismo tiene que ver con llegar al fondo de las cosas. 
Simone es el encuentro con la felicidad y todo lo que trae el feminismo: una existencia mejor para todxs. La razón de nuestro esfuerzo. 

[esp] En el quinto y sexto número de Simone / 
[fr] Dans le cinquième et sixième numéro de Simone / 
[eng] In the fifth and sixth issues of Simone:
 
Andrea BALART
Camila VACCARO
Javiera MANZI
Camila TRONCOSO & Lieta VIVALDI
Sofía Esther BRITO
Caroline CRUZ (Afrobolada)
Flora SOUCHIER
Amanda AHUMADA
Lou CADILHAC
Constanza CARLESI
Daniela PALMA (Mupal Poyanco)
Ana María DEL RÍO
Catalina BOSCH CARCURO
Begoña UGALDE
Colectivo LASTESIS. Daffne VALDÉS, Paula COMETA, Lea CÁCERES, Sibila SOTOMAYOR 
Yanira ZÚÑIGA AÑAZCO
Hillary HINER
Estefanía HENRÍQUEZ CUBILLOS, Tane LAKETIĆ, Sasha KRASINSKAYA, Lena PAFFRATH, Lola LAMBERT & Andrea OCAMPO
Juliana RIVAS GÓMEZ
Aurora SIMOND
Catalina ILLANES
Charlotte LOISEAU
Viva Australis
Maria Luisa ESPINOZA VILLAR

Ilustraciones / Illustrations :
Andrea ALBORNOZ NELSON (portadas / covertures / covers) ; Estefanía HENRÍQUEZ CUBILLOS (fotografías presentación / photographies présentation / presentation photographs) ; Fiorenza MENINI ; Garte ; Cocó MONTEALEGRE ; Morritxu ; Arty Mori ; Carla VACCARO ; Jorja CARUSO ; Bárbara ESCOBAR (Ber); Michelle ROSAS MARTÍNEZ ; Maria Luisa ESPINOZA VILLAR ; Catalina ILLANES ; Charlotte LOISEAU ; Tane LAKETIĆ ; Sasha KRASINSKAYA ; Lena PAFFRATH ; Lola LAMBERT ; Constanza CARLESI ; Andrea BALART ; Daniela PALMA ; Viva Australis.

Traducciones / Traductions / Translations :
Bethany NAYLOR ; Constanza CARLESI ; Andrea BALART ; Juliana RIVAS GÓMEZ ; Johanna ROCHAT ; Daniela PALMA ; Ariane ARBOGAST ; Charlotte LOISEAU ; Lucrezia Camilla MIGLIORIN ; Camila ; María José TRUJILLO MORENO.

Agradecemos sinceramente a todxs las autoras, artistas visuales y traductoras que se sumaron a estos nuevos números, y lxs invitamos a todxs a leerlos y a compartirlos.

[esp] Si te interesa escribir un texto para Simone, aquí:
simonerevistarevuejournal@gmail.com
[fr] Si tu souhaites écrire un texte pour Simone, ici :
simonerevistarevuejournal@gmail.com
[eng] If you are interested in writing a text for Simone, here:
simonerevistarevuejournal@gmail.com

¡Gracias! / Merci ! / Thank you!




© Andrea Albornoz Nelson.