[fr] Flora Souchier - Ma vie je t’aime avec les lèvres

La vérité, c’est que je suis devenue la femme que je rêvais de devenir
Comme on se laisse voguer vers une clairvoyance
Dans un bouillon de troubles et d’assurances inquiètes
De saillies d’insolence, d’hilarités tenaces 

Et à trente-deux ans, donc

Je fume des roulées de bord d’écluse en chérissant ma solitude
J’écris des poèmes en pleine rue je m’offre une pâtisserie par joie 
Porte des cantines collectives 
Ouvrant d’un coup de hanche des lieux où nous venons créer
Je revêts du vernis je le laisse s’écailler
Sous voilette, en robe de diva pour parler de mes choses à moi

Je vis avec une femme
Je soigne avec mes mains
Je parle avec les morts
Je m’offre des silences
Je ne me dilapide plus

Mon violeur me verse une rente

J’apprends à célébrer ma nature composite

Je peux enfin me fier à mon feu intérieur


* Flora Souchier. Elle est comédienne, autrice, énergéticienne et pédagogue. Son premier recueil, Sortie de route, lauréat du prix de la Vocation, est paru en 2019 chez Cheyne. Son deuxième, Époque de plomb, sortira cet automne chez Cambourakis/ Sorcières. Elle l’adapte en version polyphonique franco-occitane avec le trio de chants à danser Clume. 

Adaptation de Sortie de route avec la Compagnie Opoponax :  https://sortie-de-route.lepodcast.fr/
Adaptation d’Époque de plomb avec le trio Clume : https://www.clume.fr/epoque-de-plomb







Original photographies © Celeste Laila D'Aleo.
Image postproduction: Andrea Balart. 

[fr] Noémie Regnaut - À Claude Cahun (1894-1954)

Claude 

Je regarde ton autoportrait
celui qu’on appelle 
l’autoportrait au masque
celui où ton regard en coin défie le spectateur
Mais où tes yeux sont un peu 
de travers
Comme s’ils rêvaient de sortir de la photographie

Comment t’as fait Claude ?
Avec ton bordel identitaire
parce qu’on le voit partout
Ton bordel
dans tes jeux de masques tes déguisements ton nom
Comment tu cherches des
solutions provisoires au désordre de ton être
il faut le dire comme ça très vite
solutions-provisoires-au-désordre-de-ton-être
et au même temps ce qui est beau dans tes photos
c’est qu’elles existent
tu les as faites
peu importe qu’elles aient été exposées ou non
maintenant nous
on les regarde
moi
mes élèves
des jeunes filles
des jeunes hommes aussi qui veulent faire des exposés sur le théâtre féministe après 2010
tu te rends compte de ça ?
Que les premiers qui lèvent la main pour ce sujet ce sont des jeunes garçons ?
Bon
Est-ce que ça nous aide vraiment ?
Je ne sais pas
Ça ne nous aide pas vraiment avec le passé
Mais alors je regarde tes photos
Et je te repose la question
Comment t’as fait Claude ?

//

En 1937 Claude s’installe à Jersey
Sur une île donc
c’est un peu avant la guerre
Elle part avec celle qu’elle aime
elle quitte Paris et le boy’s club de la bohème
qui certainement devait moyennement apprécier une femme homosexuelle peu intéressée par la gloire
Ça aussi il faut le dire très vite
femme-homosexuelle-peu-intéressée-par-la-gloire
pas muse
pas séductrice
pas à lécher les bottes des grands-artistes
elle fais les choses pour elle
elle mène son « aventure invisible » comme elle l’appelle
elle bataille contre elle-même pour faire
parce que c’est très dur de faire quand on sait pas qui on est
Et puis là à Jersey
elle nomme sa maison « La ferme sans nom »
Jersey je ne connais pas mais je crois que c’est très vert
En tout cas c’est très paumé

Claude qu’est-ce que tu vas foutre à Jersey ?
Est-ce que c’est parce que tu as envie de partir loin, que vous allez là-bas
toi et Suzanne
celle que tu aimes ?

//

Moi aussi comme toi Claude 
j’ai envie de me dissimuler
D’un œil
et de l’autre j’ai envie de regarder droit devant
Avec courage
comme dans ton autre autoportrait
Celui où déguisée en homme
Tu es face à ton propre reflet dans le miroir
d’un côté nous avons ton regard
Et de l’autre tes yeux se perdent
insaisissables
Encore en dehors
Je n’ai pas envie d’être un homme
J’ai juste envie d’avoir l’assurance d’un homme
la sensation que de toute manière tu es à ta place et que celle-ci va de soi
Que d’une certaine manière les choses te sont dues ! 
Que le monde est découpé pour toi ! 
Que ton corps n’entre pas en jeu ! 
Ça oui j’aimerais 
Qu’est-ce que tu voulais toi Claude ?
Je sais que pendant la guerre tu t’es engagée
toujours avec celle que tu aimes
vous avez distribué des tracts aux soldats allemands pour les convaincre de faire défection
vous avez été condamnées à mort
puis votre peine a été commuée
Tout à la fin de la guerre 

Bon
Ça veut dire que d’une certaine manière
Tu avais beau être sur ton île
Tu n’as pas fui
ça c’est bon à savoir
Tu es partie mais tu as lutté
depuis l’endroit où tu pouvais être
Et puis Claude je voulais te dire aussi
Tu m’as fait rire
d’un bon rire
Ce genre de rire puissant qui dit
Ok j’en chie mais
Mais
Oui ! 
Tes photos en cowboy 
en nonne
Et celle où sur ta tunique 
tu as brodé l’inscription 
« I am in training don’t kiss me »
Parce que oui
On s’entraîne
parfois
On s’entraîne
pour nous 
enfin 
janvier 2023

* Noémie Regnaut est passionnée d’écriture et de photographie depuis l’enfance. Elle écrit des poèmes quand les mots lui viennent pour décrire sensations et lieux visités. Elle aime l’Histoire et les vieilles pierres. Elle écrit par ailleurs une thèse sur la photographie au théâtre et vit aujourd’hui à Berlin. 





Original photographies © Maria Luisa Espinoza (1) © Celeste Laila D'Aleo (2 & 3)
Image postproduction: Andrea Balart. 

[eng] KC Trommer - Returns / First Map [esp] trad. Elisa Clark

Returns

Here are the pet names you will never call me again Here are the jokes that died between us Here are the letters you sent me when we first met Here is the sound of my laughter, remember it Here is the sound of me on the phone giving directions Here are all the unplayed messages from me, listen Here are the gifts I bought for your family, keep them Here are the photographs you never took of me Here are the vows I wrote for us Here are the other children I will never have with you Here is how my body looked Here is the memory of the day he was born Here are the things you praised me for Here is the strength I had then Here is the terror when you took him Here is your face screaming in mine Here is your back, turned Here is a month of silence Here is the park where you wanted to leave me Here are all the times I said My husband Here are the dead anniversaries Here is a letter from my lawyer, please read Here is me, not bankrupt yet, keep trying Here is my rage Here is me, destroyed but not destroyed Here are the papers for you to sign Here is my rage Here is a friend from high school and her husband, take them Here is a catalog of years, unspent Here is the evidence of how I loved you Here are the pictures from the wedding Here are the times I asked for what I needed Here is a list of what I left in the apartment Here is the way my body was in the dark Here are the stories I trusted you with Here is what my lawyer told me to tell you Here is my rage Here is what I wanted for us Here is a catalog of our failures Here is what I tell our son Here is when he needs to practice Here is what the teacher said about him Here is what he said about the boy he thought was his friend Here is his temperature Here are his medicines Here is the helmet Here is what I tell him Here is where his mother lives She is all you know of me now                                                       Keep the rest


First Map

Stone fences lined the road to the art academy 

where the teacher unscrolled the butcher paper

            on the floor, told me to lie down. I fanned my                 fingers 

            and spread my legs as a boy drew my outline in                 marker.


The ceiling was so far up, the cement floor cold against my back 

and the smell of the room was the smell

              of drying acrylic. I stood up from the paper 

            and my body was an outline inside the sneaker                  prints

of the boy who had drawn me. The teacher handed me a pen, 

said, Now, fill in the rest. 


[1] Poems published in We Call Them Beautiful. Diode Editions (2019, USA). In these poems, KC Trommer outlines New York as a literary city that inscribes sexuality and self-pleasure on its inhabitant's bodies. Gender violence and abuse threaten to emerge at any moment or quotidian situation, whether in the subway, a classroom, or a city park, only to fade away, leaving a rarefied atmosphere.


* KC Trommer. North American writer and artist. Author of We Call Them Beautiful (Diode Editorial, 2019) and The Hasp Tongue (dancing girl press, 2014). Founder of the online audio project QUEENSBOUND, she has experimented with poetry and music accompanied by composer Herschel Garfein. KC lives in Jackson Heights, New York.

https://www.queensbound.com/

https://www.kctrommer.com/  


Devoluciones

Aquí están los apodos con los que nunca más me llamarás Aquí están las bromas que acabaron entre nosotros Aquí están las cartas que me enviaste cuando recién nos conocimos Aquí está el sonido de mi risa, recuérdala Aquí está mi voz al teléfono dando instrucciones Aquí están todos mis mensajes sin oír, escucha Aquí están los regalos que le compré a tu familia, quédatelos Aquí están las fotografías que nunca me tomaste Aquí los votos que escribí para nosotros Aquí están los niños que nunca tendré contigo Aquí cómo lucía mi cuerpo Aquí el recuerdo del día en que nació Aquí están las cosas por las que me elogiabas Aquí la fuerza que tuve entonces Aquí el terror cuando te lo llevaste Aquí está tu rostro gritándole al mío Aquí estás, dándome la espalda Aquí el mes de silencio Aquí el parque donde quisiste dejarme Aquí están todas las veces que dije Mi esposo Aquí están los aniversarios muertos Aquí está la carta de mi abogado, por favor lee Aquí estoy, aún no en la bancarrota, sigue intentando Aquí está mi ira Aquí estoy, destruida pero no del todo Aquí están los papeles para que firmes Aquí está mi ira Aquí está una amiga de la secundaria y su esposo, llévatelos Aquí está un catálogo de años sin utilizar Aquí la evidencia de cómo te quise Aquí están las fotos de la boda Aquí las veces que te dije lo que quería Aquí está una lista de lo que dejé en el departamento Aquí está la forma que tenía mi cuerpo en la oscuridad Aquí están las historias que te confié Aquí está lo que mi abogado me indicó decirte Aquí está mi ira Aquí lo que quise para nosotros Aquí un catálogo de nuestros fracasos Aquí está lo que le cuento a nuestro hijo Aquí los días que debe practicar Aquí lo que la maestra dijo sobre él Aquí lo que él dijo de quien creyó su amigo Aquí está su temperatura Aquí sus medicinas Aquí el casco Aquí está lo que le cuento Aquí es donde vive su madre Ella es todo lo que sabes de mí ahora                                Quédate con el resto


Primer mapa


Cercas de piedra bordeaban el camino a la escuela de arte

donde la maestra desenrrolló el papel carnicero


            en el piso, pidió que me recostara. Extendí los                 dedos 

            y abrí las piernas mientras un chico marcaba mi                 contorno.


El techo parecía demasiado alto, el cemento frío del piso contra mi espalda 

y el olor de la habitación era el olor


            del acrílico secándose. Me levanté del papel 

            y mi cuerpo era un contorno dentro de las pisadas 


del chico que acababa de dibujarme. La maestra me dio un lápiz. 

Ahora, dijo, completa tú el resto.


[1] Traducido del inglés por Elisa Clark.

* Elisa Clark. Escritora chilena. Vivió en Nueva York, donde creó el fanzine Paper Magazine con la participación de artistas y poetas. El 2017 fue escritora en residencia en el Museo Gabriela Mistral de Vicuña para finalizar su novela Oye Gabriela sobre la Premio Nobel chilena. Vive en Santiago de Chile.

Oye Gabriela - Elisa Clark

Elisa Clark - PM#4. Festival Poesía y Música



© KC Trommer.





Original photographies © Maria Luisa Espinoza © Celeste Laila D'Aleo.
Image postproduction: Andrea Balart. 

[esp] Camila Vaccaro - El gabinete de las condenadas / La Endemoniada o la Loca - Carmen Marín / La Desviada - María del Carmen Martínez / La Bruja - María Hernández, “La Pulga”

LA ENDEMONIADA O LA LOCA – Carmen Marín

Religiosas y oraciones corren de aquí para allá:
“Llamen al Arzobispado; que nos vengan a salvar”.
En una pieza amarrada
muerde, grita, escupe la huerfanita.
Las monjas tiemblan de miedo.
Hospicio Hermanas de la Caridad

“Llegó de Valparaíso pobre, sola y desgracia´.
El demonio lo traía debajo de la falda”.
Le dijo la monja al obispo Zisternas
Cuando él estuvo en el lugar.
“Llévenme con la supuesta posesa”.

Pidió una plancha caliente 
que en el vientre le apoyó,
que no dijera mentiras, el cura la amenazó.
Pero la endemoniada cantaba una 
lengua que nadie entendió;
se reía con los dientes mientras blasfemaba 
en el nombre de Dios.

Se la llevan al loquero,
directo pal Hospital.
Ya no la quiere el convento,
que la investiguen allá. 
___________
Eran los primeros años de Chile como nación,
mil ocho cincuenta y siete, año de la posesión.
Pregonaba en las esquinas 
gritando, el diarero, a la población:
“Una loca poseída 
¿Es cosa de ciencia o de religión?”

Y los hombres ilustrados decidieron demostrar
que la joven psiquiatría podía el caso mejorar.
Experimentaron por meses,
esperando un cambio en la endemonia´:
Clavaron agujas, golpes de corriente

El diagnóstico primero fue la histeria natural
de un ser que nunca es fiable 
por ser muy hormonal.
Pero ningún tratamiento 
pa quitarle el mal resultó eficaz.
La devuelven pal convento,
parece ser cosa del tal Satanás.

La mujer es un tejido
de pecado original.
La declaran poseída:
Lujuria y debilidad

Vuelve el obispo Zisternas, ahora para exorcizar,
recitando las palabras. Evangelio de San Juan.
La huérfana se sacude como queriendo escapar.
Su cuerpo está tan cansado, tan cansado de aguantar.

Cuenta la historia que después de esto
la joven volvió a ser normal,
una criatura tranquila
llena de vergüenza y de fragilidad.

Todos celebran contentos, 
de la endemoniada más nunca se habló.
Médicos y religiosos quedaron tranquilos
todo se olvidó.

Carmen Marín era el nombre
de esa huérfana sin Dios;
su carne un campo e´batalla
entre ciencia y religión.


LA DESVIADA - María del Carmen Martínez

“Quiero lamerte las piernas,
hundirme bajo el faldón,
engancharme en tus caderas,
morder tus pezones, ahogarme en sudor”.

María del Carmen Martínez
su secreto confesó
muy cerquita de la nuca
a la china que estaba al centro del salón:

“Se hacen eternos los días
dentro de esta prisión.
Te voy soñando, buscando el momento
donde estemos solas las dos”.

La china se sonroja
y responde a media voz:
“Entre estas cuatro paredes,
eso es imposible. Lo dice mi Dios”.

Ay, María, no te olvides
de tu triste condición:
En la Casa e´ Recogidas
tú estás recluida
_____________

“Institución colonial destinada a la reclusión, castigo, enmienda y conversión de mujeres arrepentidas por su mala vida, a aquellas enviadas por la justicia en su calidad de “mujeres públicas” o hacia aquellas que, por mandato de sus esposos o familiares, eran enviadas para corregir sus costumbres. La Casa de Recogidas, un hospital de las almas escandalosas, inquietas, distraídas y malentretenidas”.

Aquí adentro se comenta 
que te vistes de varón.
Te pillaron travestida.
Dictó tu sentencia, el corregidor.

Y la María protesta
con toda su convicción:
“Con Nicolás Alvarado
querían casarme y no quiero yo.

¿Por qué no nos escapamos
inventemos la ocasión?
Ya no quiero más castigos 
ni azotes ni culpa por ser lo que soy”.

¿Acaso tú no quisieras
una vida sin dolor?
Se miran las dos muchachas
con ojos salvajes y una decisión.

Y una noche de revuelta
nadie supo qué pasó,
sólo que en ese alboroto 
desaparecieron. Nadie más las vio.

Si ahora sabemos la historia
es porque esta se escribió
en las actas coloniales
que luego el Archivo Nacional guardó.

Y así reza la leyenda
escrita en esa documentación:
“María del Carmen Martínez
junto a una china se fugó”.


LA BRUJA – María Hernández “La Pulga”
Soy la tiniebla del tiempo.
Siglos de espanto y terror.
Soy la vergüenza del mundo.
Me duele la vida, vergüenza de Dios.

Dios que no vive en la altura;
Dios que es el castigador;
Dios que es justicia de hombres,
sus garras filudas desgarran mi voz.

Dios que es justicia pa’l hombre.
Sus lenguas podridas apagan mi voz. 

Soy la vergüenza del mundo
Hecha de rabia y rencor.
En esa hoguera que arde, 
Me voy, me voy.

Soy lo que duele en la vida;
soy la vergüenza de Dios.
En esa hoguera que arde,
Me voy, me voy.

Soy el fracaso del hombre;
soy la que a todos parió.
En esa hoguera que arde,
me voy, me voy.

Soy la de cuerpo de tierra;
soy la violencia en la piel.
En esa hoguera que arde, 
yo hei de volver

Rabia que todo lo enciendes
haz el grito florecer.
En esta hoguera que arde, 
yo hei de volver.

Fuego que todo lo cambias
haz mi rabia renacer.
En esta hoguera que arde, 
yo hei de volver.


Letras y Música: Camila Vaccaro Rivera
[1] Puedes escuchar estos temas y el disco completo aquí: 

“El Gabinete de las Condenadas”  indaga en la historia de mujeres de Chile que han sido condenadas por los tribunales, la prensa, instituciones religiosas o sus propias comunidades debido a sus actos, conductas o condición. El disco reúne la historia de 7 mujeres de distintas épocas, además de 4 temas que funcionan como contexto de una historia mayor, la que contiene a las otras historias y las hace posibles. Así, este trabajo no se propone sólo recordar historias individuales pasadas, sino que se levanta como una declaración de que cada historia de condena es importante y resulta urgente contarla en este presente para mirarlas de frente y que nos interpelen. 


* Camila Vaccaro es música chilena de profesión y oficio hace más de 20 años. Inicia su proyecto solista el 2013 luego de un amplio recorrido por la escena docta y popular. Compone desde la palabra junto a su acordeón, jarana, piano y bombo legüero. El 2018 presentó su primer disco titulado “La Bruja”, con el que recorrió Colombia, Argentina, Uruguay, Venezuela y Chile. El año 2023 lanza junto a su grupo integrado por Rodrigo Rojas, Pancho Craddock y Edén Carrasco su segundo disco titulado “Drama Dramática”, y el año 2024 su tercera producción, “El Gabinete de las Condenadas”.



© Camila Vaccaro. 
Ilustración Carla Vaccaro. ig @carlavaccaro_ilustradora








© Pedro Aceituno. 






Original photographies © Maria Luisa Espinoza (1) © Celeste Laila D'Aleo (2-4)
Image postproduction: Andrea Balart.