[fr] Nancy Moreno Pinto - Arrachez-vous ces cœurs de pierre

Dans mon pays, toute nuance est rejetée : au Venezuela, on nous a divisé·e·s, vaincu·e·s, et les familles se sont brisées après les embrassades de fin d’année. Le régime a monopolisé un discours de socialisme, de justice, d’égalité, de protection et d’amour du prochain. Il a mâché ces jolis mots pour nous recracher des armes. De l’autre côté, on a allumé des cierges aux idéaux opposés : capitalisme, impérialisme, conservatisme. « Brûlez les quartiers populaires », disaient-elles et ils, « parce que le pauvre est responsable de sa propre pauvreté, c’est lui qui veut que tout lui soit donné », et « les pauvres votent pour Chávez/Maduro ». Au milieu, la haine : oligarques, marginaux, « escuálidos » [décharné.e.s], « enchufados » [pistonné.e.s], se hurlent dessus d’un camp à l’autre.

Le régime, en revanche, a très bien su habiter les angles morts des extrêmes. À l’extérieur, il se présentait comme une gauche solide, populaire et décoloniale. À l’intérieur, entre le parc national Canaima et l’État d’Amazonas, dans l’Arco Minero, nos peuples autochtones ont été déplacés, exploités et — lorsqu’ils ont résisté au vol à main armée de leurs terres par les mineurs et les militaires — assassinés. Au cours de ces 26 dernières années, notre forêt est devenue un terrain fertile pour le travail forcé des enfants, l’empoisonnement des eaux, l’abattage d’arbres millénaires, l’extermination de la faune, et l’utilisation de femmes, toujours plus jeunes, comme monnaie d’échange [1].

Dans la même logique macabre, ils ont féminisé le langage : la Première Dame est devenue la « Première Combattante », et pour la première fois, on a entendu à la télévision des mots tels que « ingénieure », « architecte » ou « leaderesse ». Désormais célébrée, la femme est devenue une pièce clé du grand projet appelé la « révolution bolivarienne ». Une inclusion payée au prix du travail bénévole : une femme valorisée uniquement comme aidante/soignante/gardienne — un passage du privé (foyer) au public (communauté) [2]. Cette vision essentialiste de la femme leur a servi à condamner tout ce qui sortait du moule de la « bonne révolutionnaire », celle qui est prête à prendre les armes pour défendre sa patrie, mais qui serait vite emprisonnée le jour où sa plainte concernant le manque de nourriture, d’électricité ou d’eau fuiterait dans un groupe whatsapp partagé avec des voisins mal intentionnés.

« Vous avez en moi un frère, un président qui non seulement se déclare féministe, mais qui croit aussi que la femme est supérieure à n’importe quel homme par sa sensibilité, son dévouement et son humanité », déclarait Nicolás Maduro en 2018, à l’occasion du 8 mars. Sauf que lorsqu’il est question de droits reproductifs, l’avortement demeure illégal au Venezuela — la seule exception étant lorsque la vie de la mère est en danger. L’éducation sexuelle dans les écoles est extrêmement précaire, si tant est qu’elle existe. La précarité menstruelle est une réalité qui affecte la vie de la grande majorité des personnes du pays ayant leurs règles [3], et le simple accès aux méthodes contraceptives est devenu un vague souvenir du passé, en raison des coûts exorbitants et des pénuries.

Comme dans tant d’autres pays dirigés par des gouvernements qui se vantent pourtant d’être des alliés, l’impunité et la violence machiste sont elles aussi utilisées comme des outils de domination. En témoignent les plaintes pour violences de genre laissées sans suite, les taux élevés de féminicides [4] et d’exploitation sexuelle, la stigmatisation de la communauté LGBTQ+, ainsi que les tortures et agressions sexuelles subies par des centaines de femmes emprisonnées pour des raisons politiques. C’est le cas d’Emirlendris Benítez, accusée sans preuves de terrorisme en août 2018 : emprisonnée alors qu’elle était enceinte, elle a été torturée jusqu’à provoquer son avortement, puis a subi un curetage utérin sans autorisation qui l’a laissée en fauteuil roulant [5].

Quand j’ai décidé de migrer du Venezuela, je ne voulais pas seulement fuir la violence d’État et celle de la rue ; je voulais aussi, de toutes mes forces, laisser derrière moi la cruauté de la polarisation politique, sortir de ce cauchemar discursif où défendre des politiques sociales ou oser nommer le patriarcat fait de vous un complice de la dictature. Ou, à l’inverse — mais tout aussi identique — où se positionner contre la dictature vous transforme automatiquement en une capitaliste, colonialiste, antiféministe sanguinaire. Mais à ma grande surprise (ce qui témoigne une grande naïveté de ma part), la polarisation n’est pas un produit exclusif des régimes totalitaires. Il ne s’était pas écoulé un mois avant que quelqu’un me dise, dans une langue que je comprenais à peine, que dans mon pays il n’y avait pas de dictature et que je ne savais pas de quoi je parlais.

Peu à peu, j’ai appris à argumenter dans une langue empruntée, ou bien, à passer mon chemin face à des personnes qui, tout en menant une vie pleinement dotée d’accès aux soins, de nourriture sur la table, de dimanches en famille et, en somme, de liberté d’expression, voulaient m’expliquer les bienfaits du gouvernement vénézuélien. J’ai aussi fini, avec le temps, par calmer mon désespoir chaque fois qu’une camarade ou un camarade d’Amérique latine invalidait mon expérience afin de pouvoir soutenir confortablement sa théorie et son militantisme… Jusqu’au 3 janvier 2026.

Ce jour-là, après des mois d’attaques aériennes contre des embarcations vénézuéliennes accusées (sans preuves) de narcotrafic [6], suivies de l’arrivée du plus grand porte-avions des États-Unis dans la mer des Caraïbes, Caracas a été bombardée à l’aube sur ordre du gouvernement de Donald Trump. Nicolás Maduro — extrait du palais de Miraflores avec son épouse Cilia Flores — s’est réveillé à New York, après une brève escale à Guantánamo, prêt à être transféré dans la prison où est également détenu P. Diddy.

Alors tout le monde avait quelque chose à dire sur le Venezuela. Heureusement, l’opinion publique continue de s’indigner face aux politiques interventionnistes des États-Unis, à cette histoire qui se répète à l’infini — celle des pays du Sud global pillés au nom de leur prétendue libération — ainsi qu’aux violations du droit international. L’attaque contre le Venezuela a ouvert une brèche vers de nouvelles possibilités en matière de violations de souveraineté, et chacun, à juste titre, a craint pour celle de son propre pays.

Cependant, les peuples ne disparaissent pas seulement dans l’obscurité ; ils disparaissent aussi par excès de visibilité : « trop de lumière rend aveugle », dit Georges Didi-Huberman [7]. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, notre pétrole (le nôtre ?) est devenu tendance, et l’on a condamné à la fois les actions de Trump et les Vénézuélien·ne·s qui se réjouissaient de la capture de Maduro. On parlait du Venezuela, mais peu ou pas de la crise humanitaire que nous traversons depuis des décennies, des personnes privées de liberté dans des centres de torture pour des raisons politiques, de la faim, des disparitions forcées ou des 8 millions de migrant·e·s. Ironiquement, ceux et celles qui condamnaient les actions de Trump n’avaient d’yeux que pour le pétrole du Venezuela, et non pour son peuple.

Et dans l’obscurité la plus absolue en matière de visibilité internationale, les camps de familles de prisonniers et prisonnières politiques installés devant les prisons emblématiques du régime. Des femmes dans leur grande majorité, attendant nuit après nuit d’avoir des nouvelles de leurs proches, détenus arbitrairement par le régime de Nicolás Maduro. Des mères, des sœurs, des grand-mères et des épouses, pour beaucoup venues d’autres régions du pays jusqu’à la capitale, laissant derrière elles leurs emplois et leurs foyers, dans des conditions de grande précarité, pour exiger la libération ou, au moins, une preuve de vie des leurs, sans parvenir à obtenir la moindre information depuis leur enlèvement par le régime.

Au moment de la capture de Nicolás Maduro, il se recensait environ 1 000 prisonnier·e·s politiques, dont des centaines de mineur·e·s, ainsi que de personnes en situation de handicap, soumis à des conditions de détention inhumaines, accusé·e·s de terrorisme, de trahison à la patrie et d’association de malfaiteurs, le tout sans preuves à l’appui. Un chiffre probablement très inférieur à la réalité, compte tenu du fait que de nombreuses personnes n’ont pas dénoncé les arrestations de leurs proches par peur de représailles. Depuis lors, la présidente intérimaire Delcy Rodríguez — qui, avant d’être vice-présidente, avait été à la tête du SEBIN, l’organe policier responsable des disparitions et des tortures, étant celle-ci proche de Maduro et maintenant validée par Trump — s’est engagée à promouvoir une loi d’amnistie pour la libération des prisonnier·e·s politiques, finalement adoptée le 19 février 2026 [8]. À l’heure où ce texte est rédigé, on compte encore 409 personnes en détention [9].

Pendant ce temps, ces femmes continuent de résister à l’extérieur des établissements pénitentiaires, se solidarisant entre elles, formant un bloc solide malgré la peur et le désespoir. Elles s’organisent, donnent des noms et des chiffres, se battent pour leurs proches détenus ; celles qui le peuvent leur apportent de la nourriture et des vêtements, d’autres crient depuis l’extérieur en espérant être entendues, pour qu’ils sachent que quelqu’un les attend dehors. Elles ont entamé une grève de la faim, organisent des veilles, lèvent puis réinstallent leurs camps suivant leurs proches de prison en prison – les transferts injustifiés de détenus constituant une constante de leur quotidien de lutte.

Six d’entre elles ont perdu la vie : Carmen Dávila, presque nonagénaire, est morte sans savoir que son fils avait déjà été libéré ; après une année d’attente, elle avait été hospitalisée et, lorsqu’il est sorti de prison, elle était déjà inconsciente. Yarelis Salas, 39 ans, a été victime d’un accident cardiovasculaire lors d’une veillée organisée devant la prison où son fils était détenu. Omaira Sánchez est également morte d’un accident cardiovasculaire après avoir passé quatre ans à tenter de connaître le sort de son fils. Yenny Barrios, atteinte d’un cancer, accusée elle-même de terrorisme et emprisonnée pendant des mois sans possibilité d’accéder à sa chimiothérapie, est morte seule à l’hôpital sans avoir pu retrouver son fils, emprisonné pour avoir publié une vidéo dans laquelle il proposait d’échanger un médicament contre un autre pour le traitement de sa mère. Il y a aussi Carmen Teresa Navas qui, à 82 ans, a passé seize mois à chercher désespérément son fils, sans recevoir de réponse claire des autorités, qui l’envoyaient d’une prison à l’autre, jusqu’à ce qu’on lui confirme finalement, le 7 mai 2026, que son fils était mort en juillet 2025. Carmen est morte dix jours plus tard [10]. Et María Concepción Sánchez — encore un accident cardiovasculaire — est décédée en apprenant que son fils ne faisait pas partie des dernières libérations [11]. Malheureusement, cette liste ne cesse de s’allonger. Combien de violence un corps peut-il supporter ?

Parler de l’intervention des États-Unis sans prendre en compte ces femmes ni l’histoire du pays qui les a conduites là où elles en sont aujourd’hui, c’est ignorer ce que nous, les Vénézuélien·ne·s, avons vécu au cours de ces vingt-six dernières années, sous un gouvernement qui s’est proclamé socialiste mais qui est rapidement devenu une dictature militaire, où les voix dissidentes sont systématiquement réduites au silence. Nous pouvons nous réjouir de voir un dictateur se disant de gauche en prison tout en condamnant l’ingérence des États-Unis. Et si le fait de penser ces contradictions nous met mal à l’aise, alors il est peut-être temps d’affronter cet inconfort. Comme l’a dit l’une des mères, Evelis Cano, aux policiers qui surveillent les manifestations des familles de prisonniers politiques : « Arrachez-vous ces cœurs de pierre » [12]. Dans ce monde de polarités, je voudrais me tourner vers l’écoute, le soin et l’empathie, plutôt que vers une posture politique incapable de se remettre en question.

  

[1] ONU. (2020). Venezuela: ONU publica informe sobre el control criminal de la región minera y sobre temas de la justicia en general. https://www.ohchr.org/es/2020/07/venezuela-un-releases-report-criminal-control-mining-area-and-wider-justice-issues  

[2] Nueva Sociedad (2018). La feminización del chavismo. Las mujeres pobres como instrumentos de la política social. https://nuso.org/articulo/la-feminizacion-del-chavismo/

[3] Córdova, E. (2025). Pobreza y exclusión social complican la gestión menstrual en Venezuela. Runrun.es. https://runrun.es/noticias/580977/pobreza-y-exclusion-social-complican-gestion-menstrual-en-venezuela/

[4] Selon Utopix (2025), en 2025, un féminicide est enregistré toutes les 53 heures. https://utopix.cc/pix/septiembre-de-2025-son-17-casos-para-un-total-de-123-femicidios-en-venezuela-en-9-meses/

[5] Foro Penal. Presas políticas en Venezuela entre la cárcel y el olvido. https://foropenal.com/presas-politicas-en-venezuela-entre-la-carcel-y-el-olvido/

[6] The New York Times. (2025)  Lo que revelan los videos de los ataques a embarcaciones en el Caribe y el Pacífico. https://www.nytimes.com/es/2025/11/26/espanol/estados-unidos/video-ataques-barcos-venezuela.html

[7] Georges Didi-Huberman. (2012). Peuples exposés, peuples figurants. Paris : Les Éditions de Minuit.

[8] BBC Mundo. (2026). La Asamblea Nacional de Venezuela aprueba una ley de amnistía que organizaciones de derechos humanos consideran limitada. https://www.bbc.com/mundo/articles/c99j105gkvro

[9] Selon le décompte en temps réel réalisé par le Foro Penal, une ONG qui offre une assistance juridique pro bono aux personnes détenues arbitrairement au Venezuela : https://foropenal.com/

[10 ]Efecto Cocuyo. (2026). Carmen Navas, la madre de 86 años que recorrió las cárceles buscando a un hijo que el Estado ya había enterrado. https://efectococuyo.com/la-humanidad/carmen-navas-la-madre-de-86-anos-que-recorrio-carceles-buscando-a-un-hijo-que-el-estado-ya-había-enterrado/

[11] elDiario.es. (2026, 25 de mayo). Muerte de madre de preso político. https://eldiario.com/2026/05/25/muerte-madre-preso-politico/

[12] El País. (2026). La desesperada lucha de las madres de presos políticos en Venezuela. justiciahttps://elpais.com/america/2026-01-28/la-desesperada-lucha-de-las-madres-de-presos-politicos-en-venezuela-no-tienen-misericordia-exigimos-justicia.html

 

* Nancy Moreno Pinto (Venezuela) s’est formée en lettres avant d’intégrer l’équipe de Lugar Común, librairie et centre culturel à Caracas, d’abord en tant que libraire, puis comme coordinatrice de la programmation culturelle. En 2015, elle a cofondé la bibliothèque itinérante « Pasa la Cebra », avec l’objectif de permettre aux enfants de Petare, un quartier défavorisé de Caracas, d’accéder à la lecture et de se réapproprier l’espace public à travers des activités culturelles.

En 2017, elle s’est installée en France pour poursuivre ses études et a suivi un master en Médiations urbaines, savoirs et expertises à l’Université Lyon 2. Elle a ensuite rejoint l’équipe d’October Octopus en tant que programmatrice culturelle, où elle conçoit et coordonne des projets culturels en France et à l’international, notamment des festivals, des salons du livre et des programmes académiques.

 

 

 

© Mariangela Abbruzzese

* Mariangela Abbruzzese. Vénézuélienne installée au Mexique, elle est professeure à temps plein à l’École de communication de l’Universidad del Claustro de Sor Juana.

IG: @recortaymueve
 


Note de l’autrice (29 juillet 2026) : Cet article a été rédigé avant le double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin 2026 et qui, selon les estimations officielles, a fait 5 500 morts et 16 700 blessés (des chiffres probablement bien inférieurs à la réalité, étant donné que bon nombre des personnes décédées ou portées disparues ne figurent dans aucun registre officiel).

Des milliers de Vénézuélien.ne.s ont perdu leurs proches, leurs maisons, leurs communautés tout entières, leur quotidien et la vie qu’ils connaissaient jusqu’alors. Aujourd’hui, plus d’un mois après cette tragédie, certaines personnes tentent encore de retrouver les corps de leurs proches sous les décombres, dans une course contre la montre et contre le régime, qui s’obstine à tout démolir pour effacer les preuves de son incompétence.

Même si, dans ce contexte, tout ce qui ne traite pas de ce que traverse mon pays peut sembler futile, cet article est un appel à l’empathie et à l’inconfort que procure la navigation dans les zones d’ombre d’un monde de polarités. Aujourd’hui, il n’est pas question d’invasion, ni de pétrole, ni de Maduro. Il s’agit d’un peuple qui tente de se sauver, malgré son gouvernement.

Parlons donc du Venezuela comme nous l’avons fait le 3 janvier, même si ce sujet fait moins le buzz qu’une invasion américaine. Moins de gesticulations politiques et plus d’actions humanitaires. Il existe de nombreuses façons d’aider à distance ; faire un don à des organisations locales ou faire du bénévolat en fait partie ; entretenir la discussion, une autre discussion.

[esp] Nancy Moreno Pinto - Quítense esos corazones de piedra

En mi país no se aceptan los grises; en Venezuela se dividió, se venció y las familias se rompieron luego del abrazo de fin de año. El régimen monopolizó un discurso de socialismo, justicia, igualdad, cuidado y de amor al prójimo. Lo masticó y nos vomitó pistolas. Del otro lado, se le prendieron velas a los contrarios: capitalismo, imperio, conservadurismo. “Quemen los barrios populares”, dijeron muchos, “porque la pobreza es culpa del pobre que quiere que todo se lo den” y “el pobre vota por Chávez/Maduro”. En el medio, el odio: oligarcas, marginales, escuálidos, enchufados, se gritan de un lado al otro.

 

El régimen, sin embargo, sí supo muy bien cómo habitar los ángulos muertos de los extremos. Al mundo se mostraron como una izquierda sólida, popular y decolonial. Adentro, entre el parque Nacional Canaima y el estado Amazonas, en el arco minero, nuestros pueblos originarios se vieron desplazados, explotados y – en caso de que se resistiesen al robo a mano armada de sus tierras por parte de mineros y militares –  asesinados. En estos últimos 26 años, nuestra selva se convirtió en terreno fértil de trabajo forzado infantil, envenenamiento de aguas, árboles milenarios talados, fauna exterminada y de mujeres, cada vez más jóvenes, usadas como moneda de cambio [1].

 

En la misma lógica macabra, feminizaron el lenguaje: la primera dama se convirtió en la “primera combatiente” y por primera vez se escucharon en la tele palabras como “ingeniera”, “arquitecta” o “lideresa”. Ahora celebrada, la mujer se convirtió en una pieza clave del gran proyecto llamado “la revolución bolivariana”. Inclusión a cambio de trabajo voluntario, mujer apoderada exclusivamente si cuidadora – de lo privado en el hogar a lo público en su comunidad [2]. Esta visión esencialista de la mujer les sirvió para condenar todo lo que se saliera del molde de la “buena revolucionaria”, dispuesta a tomar las armas por su patria, pero encarcelada si una fuga de queja de hambre o de falta de servicios llegara a colarse por un grupo de whatsapp compartido con vecinos malintencionados.  

 

“Tienen en mí un hermano, un presidente que no solo se declara feminista sino que cree que la mujer es superior a cualquier hombre en su sensibilidad, entrega y humanidad”, dijo Nicolás Maduro en 2018, en el marco del 8M. Solo que si hablamos de derechos reproductivos, el aborto es ilegal en Venezuela (siendo la única excepción que la vida de la madre esté en peligro), la educación sexual en las escuelas es extremadamente precaria (en caso de que existiese), la pobreza menstrual es una realidad que afecta la vida de la gran mayoría de personas menstruantes en el país [3] y el simple acceso a métodos anticonceptivos se convirtió en un recuerdo vago del pasado, debido a los altos costos y a la escasez.

 

Como en tantos otros países, la impunidad y la violencia machista también son utilizadas como herramientas de dominación. Así lo demuestran las denuncias de violencia de género no atendidas, los altos índices de feminicidios [4], de explotación sexual, la estigmatización de la comunidad LGBTQ+, así también las torturas y agresiones sexuales vividas por cientos de mujeres privadas de libertad por motivos políticos. Como es el caso de Emirlendris Benítez, acusada sin pruebas de terrorismo en agosto del 2018, a quien encarcelaron estando embarazada, torturaron hasta producirle un aborto y le hicieron un curetaje uterino sin autorización que la dejó en sillas de ruedas [5].

 

Cuando decidí migrar de Venezuela, no solo quería huir de la violencia de Estado y de la calle, también deseaba con todas mis fuerzas dejar atrás la crueldad de la polarización política, salir de esa pesadilla discursiva donde defender políticas sociales u osar nombrar el patriarcado te hacen cómplice de la dictadura. O, en el caso contrario, pero idéntico, donde posicionarse contra la dictadura te convierte automáticamente en una capitalista/colonialista/antifeminista sanguinaria. Pero para mi sorpresa (y gran ingenuidad), la polarización no es un producto exclusivo de regímenes totalitarios. No pasó más de un mes hasta que alguien me dijo, en un idioma que apenas comprendía, que en mi país no había dictadura, que no sabía de lo que estaba hablando.

 

Poco a poco aprendí a argumentar en lengua prestada y a pasar de largo personas que, viviendo plenamente una vida con acceso a la salud, comida en la mesa, domingos familiares y, en corto, libertad de expresión, quisieron explicarme las bondades del gobierno venezolano. También conseguí, eventualmente, calmar mi desesperación cada vez que una compañera o un compañero de América Latina invalidaba mi experiencia para poder sostener cómodamente su teoría y su militantismo… Hasta el 3 de enero del 2026.

 

Ese día, tras meses de ataques aéreos a embarcaciones venezolanas acusadas (sin pruebas) de narcotráfico [6], seguido de la llegada del portaaviones más grande de Estados Unidos al mar Caribe, Caracas fue bombardeada en la madrugada bajo las órdenes del gobierno de Donald Trump. Nicolás Maduro – extraído del Palacio de Miraflores junto a su esposa, Cilia Flores —, amaneció en Nueva York, luego de una leve conexión en Guantánamo, listo para ser transportado a la cárcel donde también está retenido P. Diddy.

 

Entonces todo el mundo tuvo algo que decir sobre Venezuela. Por suerte, la opinión pública sigue indignándose de las políticas intervencionistas de Estados Unidos, de la historia que se repite al infinito de los países del sur global saqueados en nombre de la salvación, así como de la violación del derecho internacional. El ataque a Venezuela abrió una brecha de nuevos posibles en materia de violación de soberanías y cada quien, con toda la razón, temió por la de su país respectivo.

 

Sin embargo, los pueblos no solo desaparecen en la oscuridad, también lo hacen por el exceso de visibilidad: “demasiada luz enceguece”, dice Georges-Didi Huberman [7]. En los medios y en las redes sociales nuestro petróleo (¿nuestro?) se hizo tendencia y condenaron tanto las acciones de Trump, como a los venezolanos que se alegraron de la captura de Maduro. Se hablaba de Venezuela, pero poco o nada de la crisis humanitaria que hemos atravesado por décadas, de las personas privadas de libertad en centros de tortura por motivos políticos, del hambre, las desapariciones forzadas o de los 8 millones de migrantes. Irónicamente, quienes condenaban las acciones de Trump, solo tenían ojos para el petróleo de Venezuela y no para su gente.

 

Y en la oscuridad más absoluta en lo que refiere a visibilidad internacional, los campamentos de familiares de presas y presos políticos fuera de las cárceles emblemáticas del régimen. En su gran mayoría mujeres esperando noche tras noche tener noticias de sus seres queridos, detenidos arbitrariamente por el régimen de Nicolás Maduro. Madres, hermanas, abuelas y esposas, muchas de ellas llegadas desde otros estados a la capital, dejando atrás trabajos y hogares, en condiciones de alta precariedad, para exigir la liberación o al menos una fe de vida de los suyos, pues siguen sin obtener información desde que fueron secuestrados por el régimen.

 

Para el momento de la captura de Nicolás Maduro, se registraban cerca de 1000 presos políticos, contando cientos de menores de edad y personas con discapacidad, sometidos a condiciones inhumanas de detención, acusados de terrorismo, traición a la patria y asociación para delinquir sin pruebas que lo demostrasen. Cifra probablemente muy por debajo de lo real, tomando en cuenta que muchas personas no denunciaron las detenciones de sus familiares por miedo a represalias. Desde entonces, la presidenta interina Delcy Rodríguez – quien antes de ser vicepresidente estuvo a cargo del SEBIN, el órgano policial responsable de las desapariciones y las torturas, íntima de Maduro y validada por Trump– , se comprometió a impulsar una ley de amnistía para la liberación de los presos políticos que terminó de aprobarse el 19 de febrero del 2026 [8]. Al momento de escribir este texto, se cuentan 409 personas aún en privación de libertad [9].

 

Mientras tanto, estas mujeres siguen resistiendo fuera de los recintos penitenciarios, solidarizándose entre ellas, haciendo bloque firme a pesar del miedo y la desesperación. Se organizan, dan nombres y cifras, pelean por sus presas y presos, las que pueden les llevan comida y ropa, otras gritan desde afuera esperando que puedan escucharlas para que sepan que afuera hay alguien esperando. Comenzaron una huelga de hambre, hacen vigilias, levantan y vuelven a establecer campamentos, siguiendo a sus familiares de cárcel en cárcel, siendo los traslados injustificados de prisioneros una constante en su cotidianidad de lucha.

 

Seis de ellas han perdido la vida: Carmen Dávila, de casi 90 años, murió sin saber que su hijo ya había sido liberado; fue hospitalizada tras un año de espera y, cuando él salió de la cárcel, ella ya estaba inconsciente. Yarelis Salas, de 39 años, sufrió un accidente cardiovascular durante una vigilia a las afueras de la cárcel donde retenían a su hijo. Omaira Sánchez también murió a causa de un accidente cardiovascular luego de 4 años intentando conocer el paradero de su hijo. Yenny  Barrios, paciente oncológica acusada ella misma de terrorismo, encarcelada durante meses sin posibilidad de acceder a su quimioterapia, falleció sola en el hospital sin poder reencontrarse con su hijo, preso por haber publicado un video en el que solicitaba cambiar un medicamento por otro para el tratamiento de su madre. También está Carmen Teresa Navas, que a sus 82 años pasó 16 meses buscando desesperadamente a su hijo, sin respuesta clara de las autoridades, que la enviaban de una cárcel a otra, solo para que le confirmaran el 7 de mayo de 2026 que su hijo había muerto en julio de 2025. Carmen murió 10 días después [10]. Y María Concepción Sánchez, otro ACV, falleció al enterarse de que su hijo no formaba parte de las últimas liberaciones [11]. Lamentablemente, esta lista no para de crecer. ¿Cuánta violencia puede aguantar un cuerpo?

 

Hablar de la intervención de Estados Unidos sin tomar en cuenta a estas mujeres ni la historia del país que las ha llevado hasta donde están hoy es ignorar lo que hemos vivido los venezolanos durante estos últimos 26 años, bajo un gobierno que se proclamó socialista, pero que devino rápidamente dictadura militar, donde las voces disidentes son sistemáticamente silenciadas. Podemos alegrarnos de ver a un dictador que se dice de izquierda en prisión al mismo tiempo que condenamos la injerencia de Estados Unidos. Y si pensar estas contradicciones nos desestabiliza, entonces quizá ya sea el momento de hacerle cara a la incomodidad. Como le dijo una de las madres, Evelis Cano, a los policías que acechan las protestas de los familiares de los presos políticos: “quítense esos corazones de piedra” [12]. En este mundo de polaridades, yo quisiera apostar por la escucha, el cuidado y la empatía por encima de una postura política incapaz de cuestionarse a sí misma.

 

 

[1] ONU. (2020). Venezuela: ONU publica informe sobre el control criminal de la región minera y sobre temas de la justicia en general. https://www.ohchr.org/es/2020/07/venezuela-un-releases-report-criminal-control-mining-area-and-wider-justice-issues

[2] Nueva Sociedad (2018). La feminización del chavismo. Las mujeres pobres como instrumentos de la política social. https://nuso.org/articulo/la-feminizacion-del-chavismo/

[3] Córdova, E. (2025). Pobreza y exclusión social complican la gestión menstrual en Venezuela. Runrun.es. https://runrun.es/noticias/580977/pobreza-y-exclusion-social-complican-gestion-menstrual-en-venezuela/

[4] Según Utopix (2025), en 2025 se registró un femicidio cada 53 horas. https://utopix.cc/pix/septiembre-de-2025-son-17-casos-para-un-total-de-123-femicidios-en-venezuela-en-9-meses/

[5] Foro Penal. Presas políticas en Venezuela entre la cárcel y el olvido. https://foropenal.com/presas-politicas-en-venezuela-entre-la-carcel-y-el-olvido/

[6] The New York Times. (2025)  Lo que revelan los videos de los ataques a embarcaciones en el Caribe y el Pacífico. https://www.nytimes.com/es/2025/11/26/espanol/estados-unidos/video-ataques-barcos-venezuela.html

[7] Georges Didi-Huberman. (2012). Peuples exposés, peuples figurants. Paris : Les Éditions de Minuit.

[8] BBC Mundo. (2026). La Asamblea Nacional de Venezuela aprueba una ley de amnistía que organizaciones de derechos humanos consideran limitada. https://www.bbc.com/mundo/articles/c99j105gkvro

[9] Según el conteo en tiempo real realizado por el Foro Pena, ONG que ofrece asistencia jurídica pro bono a personas detenidas arbitrariamente en Venezuela: https://foropenal.com/

[10] Efecto Cocuyo. (2026). Carmen Navas, la madre de 86 años que recorrió las cárceles buscando a un hijo que el Estado ya había enterrado. https://efectococuyo.com/la-humanidad/carmen-navas-la-madre-de-86-anos-que-recorrio-carceles-buscando-a-un-hijo-que-el-estado-ya-había-enterrado/

[11] elDiario.es. (2026, 25 de mayo). Muerte de madre de preso político. https://eldiario.com/2026/05/25/muerte-madre-preso-politico/

[12] El País. (2026). La desesperada lucha de las madres de presos políticos en Venezuela. justiciahttps://elpais.com/america/2026-01-28/la-desesperada-lucha-de-las-madres-de-presos-politicos-en-venezuela-no-tienen-misericordia-exigimos-justicia.html

 

 

* Nancy Moreno Pinto (Venezuela) se formó en Letras antes de integrarse al equipo de Lugar Común, librería y centro cultural en Caracas, primero como librera y posteriormente como coordinadora de programación cultural. En 2015, cofundó la biblioteca itinerante « Pasa la Cebra », con el objetivo de acercar la lectura a los niños de Petare, un barrio desfavorecido de Caracas, y promover la reapropiación del espacio público a través de actividades culturales. 

En 2017, se instaló en Francia para continuar sus estudios y realizó un máster en Mediaciones Urbanas, Saberes y Experticias en la Universidad Lyon 2. Posteriormente, se incorporó al equipo de October Octopus como programadora cultural, donde concibe y coordina proyectos culturales en Francia y a nivel internacional, entre ellos festivales, ferias del libro y programas académicos.

 

 

 

© Mariangela Abbruzzese


* Mariangela Abbruzzese. Venezolana viviendo en México. Profesora de tiempo completo en la Escuela de Comunicación de la Universidad del Claustro de Sor Juana.

IG: @recortaymueve
 

 
Nota de la autora (29 de julio de 2026): Este artículo fue escrito antes del doble sismo que ocurrió en Venezuela el 24 de junio de 2026, del cual, según las cifras oficiales, resultaron 5.500 muertos y 16.700 heridos (cifras probablemente muy por debajo de la realidad, si se toma en cuenta que muchas de las personas fallecidas o desaparecidas no figuran en ningún registro). 

Miles de venezolanas y venezolanos perdieron a sus seres queridos, sus hogares, su comunidad entera, sus rutinas y la vida que conocieron hasta entonces. Hoy, a más de un mes de esta tragedia, aún hay personas intentando encontrar los cuerpos de sus familiares debajo de los escombros, en una carrera contra el tiempo y contra el régimen, que insiste en demolerlo todo, desaparecer las pruebas de su incompetencia.

Aunque en este contexto todo aquello que no hable de lo que está viviendo mi país pueda parecer vano, este artículo es un llamado a la empatía y a la incomodidad de habitar los grises en un mundo de polaridades. Hoy no se trata de invasión, ni de petróleo, ni de Maduro. Se trata de un pueblo que intenta salvarse a sí mismo, a pesar de su gobierno.

Hablemos entonces de Venezuela como lo hicimos el 3 de enero, aunque sea menos tendencia que una invasión de los Estados Unidos. Menos banderas políticas y más acción humanitaria. Hay muchas maneras de ayudar a la distancia, donar a asociaciones o voluntarios locales es una de ellas; mantener viva la conversación, otra.

Pasión XXVIII (reseña sobre el libro de Valentina Correa Uribe, "Duelo por encargo. Reflexiones sobre la vida, la justicia y el Estado tras el asesinato de mi padre"

Hay libros cuya lectura podemos demorar, y otros que es necesario leer sin dilaciones, en este segundo caso está ubicado el libro de Valentina Correa Uribe, “Duelo por encargo. Reflexiones sobre la vida, la justicia y el Estado tras el asesinato de mi padre”. Un homenaje a su padre fallecido por una bala pagada, y el calvario posterior para alcanzar justicia, y recuperar lo recuperable, dado que la vida no regresa. Un libro honesto y un libro inteligente, dos características que unidas hacen a un texto imbatible. Por qué hay que leerlo, porque habla de todxs nosotros, de nuestras falencias, y de nuestra humanidad compartida, sin eludir ningún asunto, desigualdad, ética, medios de comunicación, cálculos políticos, y haciendo frente a la complejidad, pero con una nitidez que se agradece. Si miramos de cerca, el tránsito nos interpela, porque tantas veces sigue ese camino exacto, violencia, trauma, un estado inoperante, una justicia posible, y la recuperación de lo que nos pertenecía, pero de otra forma, porque nunca se vuelve igual de la violencia. Quien lea encontrará su existencia reflejada, en una vivencia que llevamos dentro. El libro se divide en dos apartados, una reflexión impecable sobre el duelo, y un relato sobre el Estado de Derecho y sus sinsabores permanentes en el recorrido a conseguirlo. Estamos tan cerca de todo esto, nos constituye, y todas esas preguntas son las nuestras y más encima Valentina Correa Uribe aventura respuestas: es lo más alto que se puede pedir a un libro, que nos ayude a comprender y a despejar en qué estamos fallando y los caminos deseables. Una cruzada llevada adelante con determinación y con la pasión de quien sabe que fue amada. No rendirse se nutre tantas veces de esto, y en este caso de una ética transparente, y el sentimiento concreto de aportar a las modificaciones necesarias que vienen. Porque ese es el tema, están viniendo, han ido llegando, un relato que rompe el silencio y lo condena a someterse a la ética. Ahora nos parece evidente: no siempre lo fue. Valentina Correa Uribe nos instala en la reflexión de un presente posible. Esto nunca se puede dejar pasar. Sus palabras ya están en mi cuerpo y hoy me siento distinta. Optimista y atenta. A la vida que queda, y a la justicia posible. Un Estado de Derecho del que formemos parte y donde existir sea realizable. Valentina Correa Uribe nos recuerda nuestra fragilidad, y lo más interesante, nuestra osadía. 

Andréa Balart-Perrier

Valentina Correa Uribe es autora de Simone // Revista / Revue / Journal, puedes leer su texto aquí:

[esp] Revolución del cuidado

[fr] La révolution de l'attention à l'autre

[eng] Revolution of care




Denuncia ahora / Dénonce maintenant / Report now

[esp] Pasión X

Hace seis años recuperé lo que me había sido robado, diez años antes. Recuperé mi calidad de abogada, la que he ejercido mediante el activismo desde entonces. Estoy encantada. Esto se ajusta perfectamente a mi personalidad. Incendiaria, pero desde el margen. Armamos colectivos y revistas, y hemos dado lo mejor de nosotrxs. No ha sido todo triunfos, pero siempre se avanza de alguna manera. Antes de recobrar lo que me había sido saqueado, pasé seis años guardada en bibliotecas y entre los árboles, a cientos de kilómetros de aquellos fatídicos hechos, intentando comprender qué era exactamente lo que había ocurrido. Lo comprendí: mi problema era de una recurrencia sorprendente. Lo que ocurría era lo siguiente: mi problema no era mi problema, yo era un grano de arena refugiado en una playa interminable. Venir a enterarme de eso con certeza a los cuarenta años no es cualquier cosa. Siento una gran responsabilidad, hacia mi profesión y hacia mi experiencia. Ahora lo que viene es esto: la responsabilidad de las instituciones. Reparar, proteger, investigar, condenar. Qué es la justicia, si no el acto de organizar una sociedad de manera ética. Las víctimas están denunciando, ahora falta que sean escuchadas como se lo merecen, y los gobiernos, los Congresos, la policía y los tribunales tomen el relevo. Aquí en Francia acaba de ser asesinada una niña por un hombre que, desde el 2017, había sido objeto de varias denuncias y de tres querellas por violación de niñxs presentadas el 2022, el 2025 y, más recientemente la semana pasada, sin que se le hubiera imputado ningún cargo hasta la desaparición de la pequeña niña. Aquí en Francia más de cuarenta mujeres testimoniaron en la justicia contra un antiguo presentador de televisión, más de treinta mujeres contra un cantante. Hicimos nuestra parte: ahora hagan la suya. No es una amenaza, es más que eso. ¿A ti también? Queremos saber tu historia. Sin miedo: denuncia. 

Andréa Balart-Perrier


[fr] Passion X

Il y a six ans j’ai récupéré ce qui m’avait été volé, dix ans plus tôt. J’ai retrouvé mon statut d’avocate, un rôle que j’assume depuis lors à travers le militantisme. J’en suis ravie. Cela correspond parfaitement à ma personnalité. Incendiaire, mais depuis la marge. Nous avons formé des collectifs et publié des revues, et nous nous sommes donnés à fond. Tout n’a pas été que triomphes, mais nous avançons toujours d’une manière ou d’une autre. Avant de récupérer ce qui m’avait été pris, j’ai passé six ans recluse dans des bibliothèques et parmi les arbres, à des centaines de kilomètres de ces événements fatidiques, essayant de comprendre exactement ce qui s’était passé. J’ai compris : mon problème était d’une récurrence surprenante. Voici ce qui se passait : mon problème n’était pas mon problème ; j’étais un grain de sable se réfugiant sur une plage infinie. Réaliser cela avec certitude à l’âge de quarante ans n’est pas une mince affaire. Je ressens une grande responsabilité — envers ma profession et envers mon expérience. Ce qui vient maintenant, c’est ceci : la responsabilité des institutions. Réparer, protéger, enquêter et condamner. Qu’est-ce que la justice, sinon l’acte d’organiser la société de manière éthique ? Les victimes s’expriment ; elles doivent désormais être entendues comme elles le méritent, et les gouvernements, les parlements, la police et les tribunaux doivent prendre le relais. Ici, en France, une jeune fille vient d’être assassinée par un homme qui, depuis 2017, était visé par plusieurs signalements et par trois plaintes pour viols sur mineurs déposées en 2022, en 2025 et plus récemment cette semaine, sans avoir été inquiété par la justice jusqu’à la disparition de la petite fille. Ici, en France, plus de quarante femmes ont témoigné devant les tribunaux contre un ancien présentateur de télévision, et plus de trente femmes contre un chanteur. Nous avons fait notre part : à vous de faire la vôtre. Ce n’est pas une menace — c’est bien plus que cela. Toi aussi ? Nous voulons entendre ton histoire. N’aie pas peur : dénonce.

Andréa Balart-Perrier


[eng] Passion X

Six years ago I reclaimed what had been stolen from me, ten years earlier. I reclaimed my status as a lawyer, a role I have fulfilled through activism ever since. I am thrilled. This fits my personality perfectly. Incendiary, but from the margins. We’ve formed collectives and published journals, and we’ve given it our all. It hasn’t been all triumphs, but we always move forward in some way. Before regaining what had been taken from me, I spent six years tucked up in libraries and among the trees, hundreds of kilometers from those fateful events, trying to understand exactly what had happened. I understood: my problem was one of surprising recurrence. What was happening was this: my problem wasn’t my problem; I was a grain of sand taking refuge on an endless beach. To come to realize that with certainty at the age of forty is no small thing. I feel a great responsibility—toward my profession and toward my experience. Now what comes next is this: the responsibility of institutions. To repair, protect, investigate, and condemn. What is justice, if not the act of organizing society in an ethical manner? The victims are speaking out; now they must be heard as they deserve, and governments, Congresses, the police, and the courts must take over. Here in France, a young girl has just been murdered by a man who, since 2017, had been the subject of several complaints and three lawsuits for child rape filed in 2022, 2025, and, most recently last week—yet no charges had been filed against him until the little girl’s disappearance. Here in France, more than forty women testified in court against a former television presenter, and more than thirty women against a singer. We did our part: now do yours. This isn’t a threat—it’s more than that. You too? We want to hear your story. Don’t be afraid: speak out.

Andréa Balart-Perrier



Ganamos, no ganó el silencio / Nous avons gagné, pas le silence / We won, silence did not win

A 6 años del libro “Relatos de bastardos II” -donde publiqué la denuncia (en castellano, francés e inglés) que realicé por acoso sexual y abuso de autoridad contra quien fuera mi jefe en la oficina de UNICEF entre los años 2009 y 2013, y otros textos relacionados- insistir en que todo cuajó gracias al gesto de denunciar que llevaron a cabo otras mujeres que me antecedieron, de quienes estaré eternamente agradecida, entre ellas, como se indica en el libro, especialmente, Vanessa Springora, Virginie Despentes, Adèle Haenel. Insistir también en mi inmenso agradecimiento hacia todas las mujeres con quienes tuve largas conversaciones, antes y después de la denuncia, y con quienes –varias de ellas-, trazamos líneas activistas que se transformaron en un colectivo (F-union), y luego en una revista (Simone). Muchas obras, entrevistas y textos se han publicado hacia delante, además de otras que se habían ya publicado, las que he ido leyendo con dedicación, admiración y agradecimiento. Queda camino por recorrer, pero lo crucial es lo siguiente: ganamos, no ganó el silencio.

Andréa Balart-Perrier


o

Pasión IV

¿En qué se convertirá esa serpiente de tus pensamientos que está tejiendo poco a poco la ponzoñosa crisálida asesina?, escribe Carmen Ávila. Me di el tiempo de leer, muy atenta, los libros “Mémoire de fille” de Annie Ernaux, “Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux” de Judith Godrèche, “Le Consentement” de Vanessa Springora, “La familia grande” de Camille Kouchner, “Triste tigre” de Neige Sinno, “King Kong Théorie” de Virginie Despentes, “Impunité” de Hélène Devynck, “La nuit au cœur” de Nathacha Appanah, “De grandes dents” de Lucile Novat, “Et la joie de vivre” de Gisèle Pelicot, “Vivre avec les hommes” de Manon Garcia, “Méfiez-vous des hommes qui se disent féministes” de Flora Souchier, “Dire vrai” de Isild Le Besco, “Notre silence nous a laissées seules” de Judith Chemla, “La Consolation” de Flavie Flament, “Enfin seule” de Lauren Bastide, “Le Gaslighting” de Hélène Frappat, “Allumeuse” de Christine van Geen, “Résister à la culpabilisation” de Mona Chollet, las entrevistas a Adèle Haenel, Charlotte Arnould, Florence Porcel, Arnaud Gallais, los textos de todas las autoras que hemos publicado en nuestra revista Simone, y tantos otros libros, entrevistas y textos. En qué se convirtió esa serpiente de tus pensamientos, en tu crisálida asesina. Duele, no hay duda. No importa, ganamos, no ganó el silencio, y somos felices (y no nos hemos suicidado). La pasión intacta. Lo más interesante tal vez sea lo siguiente: esto recién comienza. Atención, ahora es tu turno. Esto recién comienza.  

Andréa Balart-Perrier

[esp-fr-eng]


Esto recién comienza / Ce n’est que le début / This is just the beginning

[esp] Pasión IV

¿En qué se convertirá esa serpiente de tus pensamientos que está tejiendo poco a poco la ponzoñosa crisálida asesina?, escribe Carmen Ávila. Me di el tiempo de leer, muy atenta, los libros “Mémoire de fille” de Annie Ernaux, “Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux” de Judith Godrèche, “Le Consentement” de Vanessa Springora, “La familia grande” de Camille Kouchner, “Triste tigre” de Neige Sinno, “King Kong Théorie” de Virginie Despentes, “Impunité” de Hélène Devynck, “La nuit au cœur” de Nathacha Appanah, “De grandes dents” de Lucile Novat, “Et la joie de vivre” de Gisèle Pelicot, “Vivre avec les hommes” de Manon Garcia, “Méfiez-vous des hommes qui se disent féministes” de Flora Souchier, “Dire vrai” de Isild Le Besco, “Notre silence nous a laissées seules” de Judith Chemla, “La Consolation” de Flavie Flament, “Enfin seule” de Lauren Bastide, “Le Gaslighting” de Hélène Frappat, “Allumeuse” de Christine van Geen, “Résister à la culpabilisation” de Mona Chollet, las entrevistas a Adèle Haenel, Charlotte Arnould, Florence Porcel, Arnaud Gallais, los textos de todas las autoras que hemos publicado en nuestra revista Simone, y tantos otros libros, entrevistas y textos. En qué se convirtió esa serpiente de tus pensamientos, en tu crisálida asesina. Duele, no hay duda. No importa, ganamos, no ganó el silencio, y somos felices (y no nos hemos suicidado). La pasión intacta. Lo más interesante tal vez sea lo siguiente: esto recién comienza. Atención, ahora es tu turno. Esto recién comienza.

Andréa Balart-Perrier  


[fr] Passion IV

Que deviendra ce serpent de tes pensées qui tisse lentement sa chrysalide venimeuse et meurtrière ?, écrit Carmen Ávila. J’ai pris le temps de lire, très attentivement, les livres « Mémoire de fille » de Annie Ernaux, « Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux » de Judith Godrèche, « Le Consentement » de Vanessa Springora, « La familia grande » de Camille Kouchner, « Triste tigre » de Neige Sinno, « King Kong Théorie » de Virginie Despentes, « Impunité » de Hélène Devynck, « La nuit au cœur » de Nathacha Appanah, « De grandes dents » de Lucile Novat, « Et la joie de vivre » de Gisèle Pelicot, « Vivre avec les hommes » de Manon Garcia, « Méfiez-vous des hommes qui se disent féministes » de Flora Souchier, « Dire vrai » de Isild Le Besco, « Notre silence nous a laissées seules » de Judith Chemla, « La Consolation » de Flavie Flament, « Enfin seule » de Lauren Bastide, « Le Gaslighting » de Hélène Frappat, « Allumeuse » de Christine van Geen, « Résister à la culpabilisation » de Mona Chollet, les interviews d’Adèle Haenel, Charlotte Arnould, Florence Porcel, Arnaud Gallais, les textes de toutes les autrices que nous avons publiées dans notre revue Simone, et tant d’autres livres, interviews et textes. Qu’est-devenu ce serpent de vos pensées, votre chrysalide meurtrière. Ça fait mal, sans doute. Peu importe ; nous avons gagné, le silence n’a pas gagné, et nous sommes heureux.ses (et nous ne nous sommes pas suicidé.e.s). Notre passion reste intacte. Le plus intéressant, c’est peut-être ceci : ce n’est que le début. Attention, c’est à votre tour maintenant. Ce n’est que le début.

Andréa Balart-Perrier


[eng] Passion IV

What will become of that serpent of your thoughts that is slowly weaving its poisonous, murderous chrysalis?, writes Carmen Ávila. I took the time to read, very carefully, the books “Mémoire de fille” by Annie Ernaux, “Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux” by Judith Godrèche, “Le Consentement” by Vanessa Springora, “La familia grande” by Camille Kouchner, “Triste tigre” by Neige Sinno, “King Kong Théorie” by Virginie Despentes, “Impunité” by Hélène Devynck, “La nuit au cœur” by Nathacha Appanah, “De grandes dents” by Lucile Novat, “Et la joie de vivre” by Gisèle Pelicot, “Vivre avec les hommes” by Manon Garcia, “Méfiez-vous des hommes qui se disent féministes” by Flora Souchier, “Dire vrai” by Isild Le Besco, “Notre silence nous a laissées seules” by Judith Chemla, “La Consolation” by Flavie Flament, “Enfin seule” by Lauren Bastide, “Le Gaslighting” by Hélène Frappat, “Allumeuse” by Christine van Geen, “Résister à la culpabilisation” by Mona Chollet, the interviews of Adèle Haenel, Charlotte Arnould, Florence Porcel, Arnaud Gallais, the texts by all the authors we’ve published in our journal Simone, and so many other books, interviews, and texts. What did that serpent of your thoughts become, your murderous chrysalis. It hurts, no doubt. It doesn’t matter; we won, silence did not win, and we are happy (and we haven’t committed suicide). Our passion remains intact. Perhaps the most interesting thing is this: this is just the beginning. Pay attention—now it’s your turn. This is just the beginning.

Andréa Balart-Perrier



Impulso perpetuo V

Inmigrante parece ser una categoría eterna en ocasiones. Lo que revela, me parece, una especie de malentendido en relación a qué significa pertenecer. Eso en un nivel inicial. De buenas a primeras, digámoslo así. En mi caso, y en el de muchas personas, se nos pregunta de dónde eres, en cualquier lugar del mundo, sin excepción. En Chile (desde siempre), me preguntan de dónde soy, aquí en Francia me preguntan cuál es mi origen, y en España me preguntan de dónde vengo, dado que hay un sinfín de criterios, sin embargo estrictos, aunque antojadizos al mismo tiempo. Puedo echar mano a los papeles para demostrar que no soy apátrida, lo que resuelve el problema de pertenecer a algún lado, al menos formalmente. Tal vez esa pregunta, sencilla e inofensiva a simple vista, esconde un pequeño ímpetu fascista en cada uno de nosotros. Por descontado todas las personas quieren pertenecer a algún lado. La sociedad ha descubierto en la discriminación un instrumento letal con que matar sin derramar sangre, escribe Hannah Arendt, los pasaportes, las partidas de nacimiento, y a veces incluso la declaración de la renta, ya no son documentos formales sino que se han convertido en asunto de diferenciación social. Cierto que la mayoría de nosotros depende por completo de los valores de la sociedad; perdemos la confianza en nosotros mismos cuando ésta no nos protege, cierto que estamos dispuestos (y siempre lo hemos estado) a pagar cualquier precio para que la sociedad nos acepte, continúa Arendt, pero igual de cierto es que los poquísimos de nosotros que han seguido su propio camino sin todas estas dudosas artimañas de la adaptación y la asimilación han pagado un precio demasiado alto: se han jugado las pocas oportunidades que hasta un proscrito tiene todavía en este mundo al revés. En resumen, la pregunta de dónde eres, cuál es tu origen, o de dónde vienes, muchas veces contempla una encrucijada, y encierra una respuesta imposible. Sólo se te concede la siguiente categoría: inmigrante. Existencialmente inmigrante. Entonces una, como perro apaleado, sabe que es un derecho pertenecer a algún lado. Pero el interlocutor quiere una respuesta clara, en una sola frase, breve, sin rodeos. Luego hay un segundo nivel. Después de trece años en un lugar, las preguntas ya se las hace una misma, y son mucho más difíciles, porque estas permanecen más allá de una conversación. Primero es sobrevivir, y en un momento son esas otras preguntas, esas de la libertad absoluta cuando no se es nada, y de la soledad. Quién soy, por qué estoy aquí, de dónde soy, qué soy, qué es ser, qué espero, qué busco, qué tengo, ¿existo? ¿Sirvo para algo? Al perder nuestro hogar perdimos nuestra familiaridad con la vida cotidiana, escribe Arendt, al perder nuestra profesión perdimos nuestra confianza en ser de alguna manera útiles en este mundo, al perder nuestra lengua perdimos la naturalidad de nuestras reacciones, la sencillez de nuestros gestos y la expresión espontánea de nuestros sentimientos. En relación a por qué estoy aquí, puedo mencionar aspectos grandilocuentes, sin embargo la respuesta es mucho más simple: estoy mejor aquí que en ningún otro lado. Lo que no significa que todo sea chutear y abrazarse, para emplear una expresión de mi abuela, que siempre tenía expresiones divertidas. Lo que quiere decir que a veces la soledad me atrapa, y el esfuerzo constante de construir algo que se parezca a una vida me desencaja por momentos. La inmigración existencial tiene en sí un germen de margen permanente. Yo me siento una especie de refugiada, desde que me vine, y ahora sin duda, con un gobierno fascista elegido democráticamente. Aunque el impulso fascista se esconde también en otro tipo de gobiernos, aunque no lo sean abiertamente. Es cosa de ver a quién apunta el rearme demográfico. Hay que ser muy optimista o muy fuerte para construir una existencia nueva, así es que manifestamos gran optimismo, escribe Arendt. El ser humano es un animal sociable y su vida le resulta difícil si se le aísla de sus relaciones sociales, escribe Arendt, es mucho más fácil mantener los valores morales en un contexto social y muy pocos individuos tienen fuerzas para conservar su integridad si su posición social, política y jurídica es confusa. Los primeros ocho años estuve en un limbo migratorio cuya sensación es difícil de describir, dado el vértigo que eso implica, y la imposibilidad de trazar líneas hacia adelante, que colinda con cada decisión que hay que tomar. Los últimos cinco despejé ese tema, y llegaron otros desafíos, igual o más difíciles. Qué es ser. Al final, esa pregunta tiene una sola dimensión real, que tiene relación con la vida cotidiana. Lo que cuenta es lo que uno es todos los días, cada batalla, cada pequeño triunfo, cada gesto, cada conversación, cada lectura. Pertenecer es tener la valentía de entrar en la vida, cueste lo que cueste. El movimiento es la cara visible, pero lo que cuenta es quien uno cree ser, hacia dónde van nuestros esfuerzos. Somos ya lo que empezamos a ser. No existe en verdad la condición de inmigrante eterno, es una falacia. Por eso a los de ideas fascistas les decimos: ya lo somos, y eso no se modifica nunca. De dónde soy. Soy de aquí, dondequiera que esté.

Andréa Balart-Perrier
Lyon, 26 de marzo de 2026.


Resistencia / Résistance / Resistance

Nosotrxs respondemos: Resistencia.
Querida comunidad, dada la situación mundial, y el retroceso de nuestros derechos, Simone // Revista / Revue / Journal estará recibiendo durante febrero, textos en castellano, francés e inglés sobre alguna temática feminista y/o antirracista y/o ecológica (género literario libre, 1500 palabras máximo). Escríbenos a simonerevistarevuejournal@gmail.com (incluye una biografía de 50 palabras máximo). Gracias! Equipo Simone.

Nous, on répond : Résistance
Chère communauté, compte tenu de la situation mondiale et du recul de nos droits, Simone // Revista / Revue / Journal recevra pendant le mois de février des textes en français, espagnol et anglais sur des thèmes féministes et/ou antiracistes et/ou écologiques (genre littéraire libre, 1500 mots maximum). Écrivez-nous à simonerevistarevuejournal@gmail.com (veuillez inclure une biographie de 50 mots maximum). Merci ! L'équipe Simone.

We answer: Resistance
Dear community, given the world situation, and the retreat of our rights, Simone // Revista / Revue / Journal will be receiving during February, texts in English, Spanish, and French on a feminist and/or anti-racist and/or ecological theme (literary genre is up to each author, 1500 words maximum). Write to us at simonerevistarevuejournal@gmail.com (include a biography of 50 words maximum). Thank you! Simone Team.